Art contemporain - Disparition

Disparition de l’artiste Jimmie Durham

Par Julie Goy · lejournaldesarts.fr

Le 19 novembre 2021 - 351 mots

BERLIN / ALLEMAGNE

Le sculpteur et activiste amérindien a longtemps lutté en faveur des droits des peuples natifs d’Amérique du Nord. 

Jimmie Durham. © Holger Hollemann / DPA Picture-Alliance via AFP
Jimmie Durham.
© Holger Hollemann / DPA Picture-Alliance via AFP

Imprégnées de rites et de mythes ancestraux, les œuvres magiques de Jimmie Durham sont orphelines : l’artiste est décédé chez lui à Berlin le 17 novembre dernier, à l’âge de 81 ans. Jimmie Durham était né en 1940 dans l’Arkansas dans une famille Cherokee de sculpteurs et d’activistes politiques. 

Dans les années 1970, il devient une figure du mouvement amérindien, en luttant activement dans la sphère politique pour la reconnaissance et la représentation des natifs américains. En 1974 à New York, il représente l’International Indian Treaty Council aux Nations Unies, afin de préparer la Déclaration sur les Droits des Peuples Indigènes. Par la suite il a été le directeur de la Foundation for the Community of Artists, avant de devenir rédacteur en chef du journal Art & Artists – qui est rattaché à la fondation – de 1982 à 1986. 

Bien qu’il ait obtenu son diplôme à l’Ecole des Beaux-Arts de Genève dès 1973, ce n’est qu’à la fin des années 1980 qu’il s’engage pleinement dans la voie artistique. Son œuvre est constituée essentiellement de gestes performatifs, de poésie et d’assemblages d’objets hétéroclites. Il manie le bois ou le métal comme avec des mots pour créer des sculptures à message. En 1993, il métaphorise la lutte entre nature et culture avec sa sculpture Gilgamesh, constituée d’une porte en équilibre, avant de lapider un réfrigérateur avec une violence comique dans Saint Frigo en 1996. 

L’artiste a beaucoup travaillé en Europe, où il s’installe définitivement en 1994. Ses œuvres ont été montrées dans de nombreuses expositions  internationales ; il a notamment participé à deux Documenta, en 1992 et 2012. Une rétrospective majeure lui avait aussi été consacrée au Musée d’Art Moderne de Paris en 2009. 

Il a reçu plusieurs distinctions d’envergure ces dernières années avec l’obtention en 2016 du prix Goslarer Kaiserring en Allemagne, du Robert Rauschenberg Award en 2017 et finalement, lors de la 58e Biennale de Venise en 2019, avec l’attribution d’un Lion d’or d’honneur. Il était représenté en France par la Galerie Michel Rein.
 

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