Mercredi 12 décembre 2018

Société

Benefit, la tombola de l’espace associatif Doc avec des artistes contemporains de renom

Par Alexia Lanta Maestrati · lejournaldesarts.fr

Le 9 mars 2018 - 703 mots

PARIS

Neil Beloufa, Xavier Veilhan ou Isabelle Cornaro font partie de la tombola du dimanche 11 mars. Prix du ticket 100 euros.

L’espace d’exposition de l'association DOC
L’espace d’exposition de l'association DOC
Courtesy DOC

Espace dévolu à la création contemporaine à Belleville, Doc organise une tombola avec à la clef des oeuvres d’artistes en vogue sur la scène d’art contemporain. Parmi les 50 artistes figurent Pierre Ardouvin, Neil Beloufa, Matthew Lutz-Kinoy ou encore Lili Reynaud Dewar  et Xavier Veilhan. Les médiums utilisés sont divers, dessin, sculpture, photographie. En vente 500 tickets à 100 euros, ou 10 tickets à 800 euros. Les chances sont donc maigres de repartir avec un Veilhan mais chaque participant recevra une sérigraphie inédite de Michel François et les vingt-cinq premiers tirés au sort bénéficieront d’un abonnement d’un an au magazine Mouvement.
 
Comme le relate la présidente de Doc, Rafaela Lopez au Journal des Arts, la première raison de la tombola est pécuniaire. « Doc s’amplifie chaque année, nous avons davantage de projets et de personnes qui travaillent pour Doc. La suppression l’été dernier, par surprise, des contrats aidés, par le nouveau gouvernement nous pénalise et pénalise aussi d’autres associations, et autres structures culturelles. Puis Le bâtiment, en mauvaise état, nécessite beaucoup de travaux, notamment pour le rendre au norme de sécurité. »

L’idée d’une tombola vient de « deux membres de l'équipe qui avaient organisé une tombola pour Castillo Corrales [désormais fermé]. Triangle à Marseille a également organisé un événement similaire. Il y a aussi les ventes aux enchères à l’aveugle comme celles de l’ICA de Los Angeles, ou le Royal College of Art de Londres, qui proposent chaque année une vente à l’aveugle de cartes postales créées pour l’occasion par des artistes. En France, la vente aux enchères Recto Verso en partenariat avec la Fondation Vuitton dont les bénéfices iront au secours populaire, propose également d'enchérir sur des oeuvres anonymes, ce qui offre une dimension ludique, car les acheteurs ne savent pas sur quel artiste ils enchérissent » explique la présidente. Les oeuvres ne sont pas des productions spécifiques et « deux tiers des artistes font partie de l’association, nous avons fait un tirage au sort pour la sélection. L’autre tiers sont des proches de Doc » ajoute-t-elle.

Dans la capitale, Doc est le seul lieu du genre. Ouvert en 2015 et autogéré par les artistes, il est doté d’une surface de 3 000m2. Outre les 28 ateliers d’artistes et les ateliers de résidences artistiques temporaires le lieu pluridisciplinaire propose des expositions, des projections, concerts, théâtre, conférences, rencontres,...  L’entrée est gratuite et sur rendez-vous lorsqu’il n’y pas d'événements. En 2017, 10 000 visiteurs ont franchi les portes du lieu, et 18 000 sont attendus d’ici la fin 2018. Situé dans un ancien lycée, Doc squat le bâtiment, le collectif n’a pas de bail et ne paye pas de loyer, ce qui pose certains problèmes, « Nous avons perdu un procès et failli être expulsés, mais le bâtiment appartient à la région et suite à certains changements politiques, la décision de justice n’a pas été actée. Depuis, nous avons eu une ou deux visites officieuses. Je pense qu’ils vérifient que tout se passe bien, ce qui est le cas. » Le lieu s’autofinance principalement par un système de cotisation. Pour un atelier les artistes payent 5 euros le mètre carré par mois. Pour les espaces collectifs, la cotisation est de 30 euros par mois, les artistes plasticiens bénéficient d’un forfait pour l’utilisation de ces espaces (10 euros/mois), « c’est une des ambitions de Doc, d’offrir des espaces de travail à faible coup dans Paris intra muros » rappelle-t-elle. Les cotisations constituent la part la plus importante des revenus, d’autres ressources viennent s’ajouter comme la location d’espaces pour des tournages, par exemple Philippe Garrel a tourné L’Amant d’un jour à Doc. Le programme les amis de Doc est calqué « sur le modèle d’autres institutions comme les amis du Palais de Tokyo, les amis du centre Georges Pompidou. Nous le proposons essentiellement à des personnes du milieu de l’art, en échange de quoi nous les invitons une fois par an à dîner, et nous essayons de les accueillir de façon privilégiée. Nous donnons aussi accès aux ateliers à d'autres artistes qui ne font pas forcément partie de l’association (12 euros/jour) » précise Rafaela Lopez. 

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