Ecole d'art

ENSEIGNEMENT ARTISTIQUE

Immersion en école d’art

Par Stéphanie Lemoine · Le Journal des Arts

Le 18 mars 2020 - 608 mots

MARSEILLE

Le stage « Égalité des chances » invite des élèves de terminale issus de milieux modestes à découvrir des formations artistiques et culturelles. Visite aux Beaux-Arts de Marseille, où trente d’entre eux ont passé une semaine.

Exposition des œuvres réalisées pendant le stage, l'accrochage a été fait par les élèves eux-mêmes. © Photo Beaux-Arts Marseille.
Exposition des œuvres réalisées pendant le stage, l'accrochage a été fait par les élèves eux-mêmes.
© Photo Beaux-Arts Marseille.

Ils s’appellent Roxane et Roxanne, Maël, Alicia, Milla, Léonce ou Florin. Ils viennent de Cherbourg, Noisy-le-Sec, Bron, Valence ou Marseille, et sont en terminale littéraire option « arts plastiques » ou en STD2A (sciences et technologies du design et des arts appliqués). Sélectionnés sur dossier et questionnaire, ils sont trente à avoir fait le voyage jusqu’à Marseille du 23 au 29 février dans le cadre du stage « Égalité des chances ». Au programme de la semaine, placée sous la thématique du « Corps en mouvement » : la découverte de l’École supérieure d’art et de design Marseille-Méditerranée où ils ont suivi des ateliers de « dessin performé », de volume et de dessin 3D ; des visites d’expositions et des rencontres avec plusieurs artistes, dont Éric Baudelaire, lauréat du prix Marcel Duchamp 2019. Le tout suivi d’un entretien de restitution avec les enseignants d’écoles d’art partenaires à Limoges, Tours ou Grenoble.

Côté lycéens, la formule fait l’unanimité. Milla évoque « une semaine très dense », Florin « une ambiance parfaite » et « une belle harmonie de groupe ». « Nous avons beaucoup appris sur ce qu’est être un artiste aujourd’hui », commente aussi Maël.

Destiné aux élèves issus de milieux modestes, le stage qu’ils ont suivi à Marseille s’inscrit dans le programme « Égalité des chances » lancé en 2006 par la Fondation d’entreprise Culture & Diversité. Une initiative de Marc Ladreit de Lacharrière, directeur du groupe Fimalac. Celui-ci « a toujours eu un pied dans le social, un autre dans la culture, note Saïd Berkane, délégué général adjoint de la Fondation. Outre ses activités de mécénat, il a été ambassadeur de bonne volonté pour l’Unesco et a fondé Face [Fondation agir contre l’exclusion].»

Le programme Égalité des chances associe les deux visées du milliardaire français : grâce à des partenariats noués avec l’Éducation nationale, le ministère de la Culture et une cinquantaine d’écoles, il entend faciliter l’accès d’étudiants défavorisés aux filières d’enseignement supérieur dans les domaines artistique et culturel. En tout, la Fondation propose 13 programmes de découverte et d’information : outre l’école d’art de Marseille, devenue partenaire à l’arrivée de Pierre Oudart à sa direction en 2017, les lycéens sélectionnés par la fondation se voient offrir la possibilité de découvrir les Beaux-Arts de Paris, les Arts décoratifs, l’École du Louvre, l’Institut national du patrimoine, les Écoles supérieures des arts appliqués Boulle et Duperré, la Villa Arson à Nice, les écoles de cinéma la Femis et Louis-Lumière, ou encore l’École supérieure de journalisme de Lille et des écoles d’architecture…

Un accompagnement sur la durée

Le stage « Égalité des chances » est le premier jalon d’un accompagnement beaucoup plus large, qui se décline en trois volets. Une fois informés, les lycéens participants peuvent en effet bénéficier de divers appuis tout au long de leur formation, et même au-delà : s’ils candidatent à une école ou une classe préparatoire, la Fondation les aide à préparer le concours et prend intégralement en charge leurs frais d’inscription. Pendant leurs études, elle leur propose des bourses, une aide au logement et à la mobilité, un réseau Internet dédié, et même des prêts à taux zéro… Elle les oriente aussi vers des offres de stages et d’emplois, propose des ateliers pour « renforcer leur compréhension du secteur », mais aussi des parrainages et des résidences d’artistes. « Nous proposons un suivi sur le long terme, résume Saïd Berkane. Depuis quatorze ans, nous avons accompagné 2 100 jeunes au quotidien. Nous avons aussi développé l’accompagnement après les études, car les jeunes de milieux défavorisés ne partent pas avec les mêmes armes. »

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Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°541 du 13 mars 2020, avec le titre suivant : Immersion en école d’art

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