Nomination

Un universitaire à la Villa Médicis

L’universitaire Éric de Chassey succède à Frédéric Mitterrand à la tête de l’Académie de France à Rome

Par Daphné Bétard · Le Journal des Arts

Le 15 septembre 2009

L’historien de l’art et spécialiste du modernisme américain Éric de Chassey succède à Frédéric Mitterrand à la tête de l’Académie de France à Rome. Il nous donne les grandes lignes de la politique qu’il entend mener à la Villa Médicis.

ROME - C’est l’historien de l’art Éric de Chassey qui remplacera Frédéric Mitterrand à la direction, très convoitée, de l’Académie de France à Rome, la Villa Médicis. Les deux hommes se sont côtoyés au printemps dernier à la Villa, Éric de Chassey faisant partie du jury 2009. Arrivé Rue de Valois en juin, le ministre de la Culture a très vite pensé à l’universitaire spécialiste de l’art abstrait et de la peinture américaine moderne, pour lui succéder, et a proposé sa candidature à l’Élysée. Ancien élève de l’Institut d’études politiques, normalien, docteur en histoire de l’art, Éric de Chassey est professeur d’histoire des arts contemporains à l’université François-Rabelais de Tours depuis dix ans. Il est l’auteur de divers ouvrages, tels Platitudes, une histoire de la photographie plate (2006) et La peinture efficace : une histoire de l’abstraction aux États-Unis, 1910-1960 (2001).

Le budget annuel de la Villa Médicis avoisine les 7,5 millions d’euros ; le mandat de son directeur est d’une durée de trois ans, renouvelable deux fois. L’institution accueille en résidence une vingtaine d’artistes, écrivains, musiciens, écrivains, photographes, cinéastes et historiens de l’art pour une durée de six mois à deux ans. Éric de Chassey souhaite exploiter plus encore la possibilité, déjà existante, de faire venir des pensionnaires francophones et « mettre en œuvre une politique d’excellence, avec des pensionnaires de très haut niveau. Peu importe leur pays d’origine à partir du moment où ils s’inscrivent dans le projet culturel de la Villa », nous a-t-il déclaré. Ce dernier compte en effet jouer l’ouverture et la diversité : « Je veux être certain que la Villa ne fonctionne pas comme une espèce d’expatriation en territoire étranger. Il s’agit du rayonnement de la France, c’est-à-dire de mettre en avant la spécificité et la valeur de la conception française de la culture, utilisable par tout le monde et partout. Nous sommes un pays en passe de reconnaître ses dimensions pluriculturelles, pluriethniques : ce sera la mission fondamentale de la Villa. » Sa vision de la scène artistique française ne diffère pas de cette conception universelle de la culture : « On ne redonnera aux artistes français, passés et contemporains, la place qu’ils méritent qu’en les insérant dans un réseau international et non en les isolant dans un réseau nationaliste », insiste-t-il.

Pour la Villa, Éric de Chassey devra élaborer un programme d’expositions, colloques et concerts. Cela ne devrait pas lui poser de problème au vu des nombreuses expositions qu’il a déjà organisées, comme « Ils ont regardé Matisse. Une réception abstraite États-Unis/Europe 1948-1968 » au Musée Matisse du Cateau-Cambrésis (Nord) en avril dernier. Sans oublier « La pesanteur et la grâce » prévu au printemps 2010 à l’Espace des Bernardins, à Paris. L’universitaire chapeaute également le colloque prévu les 20 et 21 janvier prochains à Paris, organisé avec le Centre Pompidou à l’occasion de l’exposition « Soulages ». Pour l’heure, l’Académie de France à Rome a un besoin criant d’historiens de l’art pour travailler sur l’histoire de la Villa et les nombreuses archives et œuvres qui y sont conservées. Avis aux amateurs.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°309 du 18 septembre 2009, avec le titre suivant : Un universitaire à la Villa Médicis

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