Samedi 24 février 2018

Musées

Un Musée du Louvre à Atlanta ?

Par Daphné Bétard · Le Journal des Arts

Le 1 octobre 2007

Dans la plus grande confidentialité, des centaines d’œuvres du musée français s’apprêtent à rejoindre les États-Unis pour une longue durée.

ATLANTA - Le Musée du Louvre déposerait d’ici à la fin 2006 et à long terme (pour trois ans renouvelables) plusieurs centaines d’objets de ses collections au High Museum of Art d’Atlanta (le High), en Géorgie, aux États-Unis, et moyennant finance, a révélé le quotidien The Atlanta-Journal Constitution, relayé en France par le site www.latribunedelart.com. Baptisée « Le Louvre à Atlanta », l’opération n’a, pour l’heure, fait l’objet d’aucune communication en France – contrairement à l’antenne que se prépare à ouvrir l’institution parisienne en région.

L’affaire remonte à 1998, quand le High prend contact avec Henri Loyrette, alors directeur du Musée d’Orsay, pour obtenir des prêts d’œuvres impressionnistes. La demande n’aboutit qu’en 2002, époque à laquelle Henri Loyrette quitte Orsay pour diriger le Musée du Louvre. Début 2004, relancé par le directeur du High, Henri Loyrette lui aurait proposé un « échange plus important », lequel deviendra bientôt « Le Louvre à Atlanta ». L’accord pourrait inclure le dépôt d’œuvres des plus prestigieuses – les noms de Raphaël, Rembrandt ou Vélasquez sont évoqués –, que le musée refuse en général de prêter, ainsi que « des échanges de conservateurs, de conférenciers et d’autres membres du personnel », selon la même source. La somme que recevrait le Louvre pour cette opération est tenue secrète, mais, d’après le journal américain, « 10 millions de dollars »  (7,7 millions d’euros) seraient en jeu. Une véritable aubaine pour le musée français qui, depuis la signature avec l’État, en 2003, d’un contrat d’objectifs et de moyens (lire le JdA n° 171, 16 mai 2004), doit lever des fonds considérables pour son fonctionnement.

Selon The Atlanta-Journal Constitution, les Français se sont montrés « très intéressés » par les modes de fonctionnement du High, institution incluse dans un vaste ensemble, le Woodruff Arts Center, qui comprend un orchestre, un théâtre, un centre éducatif... Et  l’auteur de citer David Brenneman, conservateur en chef du High : « Il y a une vraie curiosité de leur part. Ils veulent changer leur musée. » Le Louvre n’a pas souhaité répondre à nos questions sur ce projet qui ne manquera pas de susciter la polémique à l’heure où l’attitude parfois ambiguë des établissements publics pour renflouer leurs caisses, et particulièrement celle du Louvre, est pointée du doigt...

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°203 du 19 novembre 2004, avec le titre suivant : Un Musée du Louvre à Atlanta ?

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