Vendredi 6 décembre 2019

Tourisme culturel

Tourisme culturel : week-end à Nantes

Par Jean-Christophe Castelain · Le Journal des Arts

Le 17 janvier 2012 - 493 mots

NANTES [20.01.12] - « Estuaire 2012 » s’intègre dans une manifestation plus vaste avec des visées touristiques assumées. PAR JEAN-CHRISTOPHE CASTELAIN

Comment promouvoir à la fois l’éphémère et le pérenne, attirer le public local et les touristes ? Pour y répondre, la Ville de Nantes vient d’inventer, avec le pragmatisme qui la caractérise, un nouvel objet culturel intitulé « Le voyage à Nantes ». La manifestation qui se déroulera du 15 juin au 19 août prochain offrira plusieurs occasions de sortie pour les Nantais et autant de raisons de venir dans la région pour les touristes européens. La troisième et dernière édition d’« Estuaire Nantes < > Saint-Nazaire » , reportée en 2012 pour l’occasion, en constituera le volet art contemporain. Aux vingt et une œuvres créées lors deux éditions précédentes, dont certaines sont en cours de restauration, viendront s’ajouter huit nouvelles installations confiées, notamment, aux Français Fabrice Hyber et Raphaël Zarka et à l’Américaine Sarah Sze. Sur le papier, le serpent géant en aluminium de l’artiste chinois naturalisé français Huang Yong Ping s’annonce particulièrement spectaculaire.

Dans le registre du divertissement populaire et après le « Grand Éléphant » de 2007 – un impressionnant animal mécanique pouvant embarquer quarante-neuf passagers et toujours en activité – « Les Machines de l’île », une production municipale, vont permettre l’installation sur l’île de Nantes d’un gigantesque manège sur le thème de la mer. Les lieux patrimoniaux, amputés du Musée (départemental) Dobrée et du Musée des beaux-arts, tous deux fermés pour travaux, seront mis en valeur au sein d’un parcours fléché, une façon de revivifier le territoire et son histoire.

D’autres initiatives jouent habilement la carte de la proximité. Ainsi les étudiants de l’École supérieure des beaux-arts sont invités à installer une œuvre d’art dans chacun des 300 commerces de la ville, tandis que plusieurs de ces mêmes commerçants ont été photographiés dans des remakes de leur film préféré ; ces photographies pourraient être vendues sous forme de carte postale. Ne manquent plus que les chauffeurs de taxi, autres redoutables relais d’opinion, pour mailler totalement la ville.

Le projet d’un homme
L’homme qui se tient derrière cette construction originale qui mélange art contemporain, spectacle de rue, participation locale et musée est Jean Blaise. L’ex-patron du festival des Allumées (1990), puis de Fin de siècle (1997), avant d’être directeur pendant dix ans du Lieu unique, a – fort de sa complicité de trente ans avec Jean-Marc Ayrault, le maire de Nantes – pris les rênes début 2011 d’une structure publique qui regroupe la gestion de l’office du tourisme, de cette nouvelle manifestation, du château des ducs de Bourgogne et des « Machines de l’île ». Ici l’art et le spectacle sont clairement mis au service de l’animation locale et du tourisme. Un exemple ? Pour augmenter le taux de remplissage des hôtels, qui n’est que de 60 % le week-end, des formules « billet d’avion hébergement pass culturel » vont bientôt être commercialisés en Europe. Du pragmatisme encore et toujours.

Légende photo

"Le Grand Elephant" - Les Machines de l'île - Nantes - © photo Dyhorus - 2008 - Licence CC BY 3.0 

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°361 du 20 janvier 2012, avec le titre suivant : Tourisme culturel : week-end à Nantes

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