Mardi 29 septembre 2020

Art asiatique

Records chinois

Par Armelle Malvoisin · Le Journal des Arts

Le 29 mars 2011 - 516 mots

Deux objets chinois d’époque Qianlong, provenant de collections particulières françaises, ont affolé les enchères, le 26 mars, à Toulouse. Une peinture impériale et un sceau en jade se sont envolés pour un total de plus de 34 millions d’euros, à l’issue d’une belle bataille d’enchères. Soit un nouveau record pour une vente d’art asiatique en France.

TOULOUSE - Les trésors impériaux chinois qui réapparaissent ici et là n’ont décidément pas fini de faire parler d’eux. Le 26 mars, les SVV toulousaines Marc Labarbe et Chassaing-Marambat avaient convenu de vendre le même jour les fruits de leurs découvertes, à savoir une peinture impériale chinoise en rouleau (lire JdA no 343, 18 mars 2011) et un sceau en jade néphrite blanc surmonté de deux dragons. Ces deux objets d’époque Qianlong (1735-1796) étaient précieusement conservés depuis une centaine d’années dans des familles du sud de la France. Estimé 3 à 4 millions d’euros et attendu autour de 15 millions d’euros quelque temps avant la vente, le rouleau de 24 mètres s’est finalement envolé à 22 millions d’euros.

Huit personnes, dont sept Chinois, se sont disputé cette peinture. Ils étaient encore trois enchérisseurs jusqu’à 14 millions d’euros. L’acheteur chinois qui l’a emporté est celui qui avait acquis une autre peinture de la série, adjugée 67,8 millions de dollars de Hongkong (6,4 millions d’euros), le 8 octobre 2008 à Hongkong chez Sotheby’s. Un 3e rouleau de cette série, qui en compte quatre, n’est toujours pas localisé.

Jamais vu en France
S’en est suivie la vente du sceau, estimé raisonnablement 1 à 1,5 million d’euros, mais dont les pronostics, le jour J, allaient jusqu’à 8 millions d’euros. Au terme d’une belle bataille d’enchères, le sceau est parti à 12,4 millions d’euros. Avec un total de 34,4 millions d’euros, il s’agit de la plus importante vente d’art asiatique jamais réalisée en France. La peinture a obtenu le plus haut prix pour un objet chinois aux enchères dans l’Hexagone, depuis une paire de cloisonnés chinois d’époque Qianlong vendue 6,5 millions, le 13 juin 2007, à Paris chez Christie’s. « Les deux objets chinois ont créé l’événement. Les fonds mobilisés pour la rare peinture ont décuplé le prix du sceau », rapporte l’expert de la vente, Pierre Ansas.

Ce dernier était directement entré en contact avec de potentiels acquéreurs rencontrés en Chine, qu’il a d’abord sélectionnés sur leur réputation. Tout en assurant sur place la promotion de ces deux trésors impériaux, il a tenu à se prémunir contre d’éventuels risques d’impayés, devenus presque aussi courants que les records en art asiatique aux enchères. Un des derniers exemples en date, le prix record obtenu pour un vase impérial chinois, adjugé 51,6 millions de livres sterling (60,1 millions d’euros) par la petite maison de ventes londonienne Bainbridges à un amateur chinois, le 11 novembre 2010, n’a toujours pas été réglé. À Toulouse, pour décourager les acheteurs fantaisistes, les maisons de ventes avaient préalablement demandé une caution bancaire de 400 000 euros à toute personne souhaitant enchérir. Bien leur en a pris, car cette modique somme au regard des adjudications finales en a tout de même découragé quelques-uns.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°344 du 1 avril 2011, avec le titre suivant : Records chinois

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