Dimanche 16 février 2020

Politique

Polémique sur le recasage d’Agnès Saal

Par Julie Paulais · lejournaldesarts.fr

Le 22 mai 2015 - 557 mots

PARIS [22.05.15] – Agnès Saal, l'ex-présidente de l'Institut national de l'audiovisuel (INA) contrainte à la démission en raison de notes de taxi faramineuses, retourne au ministère de la Culture en tant que chargée de mission sur les questions de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences. Fleur Pellerin s’est justifiée de cette réintégration mais la polémique se développe.

Agnès Saal est retournée au ministère de la Culture en tant que chargée de mission sur les questions de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences. L’ex-présidente de l'Institut national de l'audiovisuel (INA), contrainte à la démission le 28 avril dernier après l’affaire de ses frais de taxi dépassant 40 000 € en dix mois de fonction, dont 6 700 € dépensés par son fils, n’aura pas eu à attendre longtemps pour être réintégrée dans son ministère d’origine.

Face à la polémique, la ministre elle-même s’est justifiée sur RTL jeudi, disant « comprendre très bien l'émotion que suscite cette réintégration ». Contrairement à ce que Le Monde avait affirmé, Fleur Pellerin dément que le poste ait été créé spécialement pour Agnès Saal et assure qu'il s'agit uniquement de l'application du droit à la fonction publique, « qui prévoit qu'un fonctionnaire qui démissionne lorsqu'il est à l'extérieur de son corps d'origine, a vocation à être réintégré dans son ministère ». Fleur Pellerin ajoute qu'il ne « faut pas donner l'impression qu'Agnès Saal n'a pas été sanctionnée ».

Suite à la révélation de cette affaire par Le Figaro, la ministre avait réagi fermement et avait d'abord exigé le remboursement intégral des frais de déplacement privés de la présidente de l'INA, puis lui avait demandé de lui présenter sa démission. Selon elle, cette nomination est « une réelle sanction puisqu'elle était présidente de l'INA, et qu'elle est aujourd'hui chargée de mission ». Fleur Pellerin conclut en précisant qu’un conseil de discipline se tiendra pour statuer sur les suites à donner à l'enquête menée par le ministère sur cette question.

Cependant, la nouvelle du retour d’Agnès Saal au ministère de la Culture n’a pas manqué de faire réagir la classe politique. Sur RTL, le secrétaire général de l'UMP, Laurent Wauquiez, « choqué » par cette réintégration, a estimé que « dans une période où on demande des efforts il faut de l'exemplarité, pour les politiques, au premier plan ». Jean-Luc Touly, auteur des Recasés de la République, s'est également exprimé sur Europe 1, et estime que « l'affaire Agnès Saal est révélatrice de notre système de traditions françaises » : « J'ai entendu Fleur Pellerin dire que la sanction qu'on lui a infligée, c'est le fait de lui avoir confié un poste moins important… Ce n'est pas normal. Une procédure disciplinaire aurait dû être engagée, avec une suspension, puis une instruction aurait dû être faite. Et ensuite, il y a une échelle de sanctions : avertissement, rétrogradation, radiation provisoire ou définitive, puis la révocation ».

Un nouveau président de l’INA a été nommé mercredi à l’issu du Conseil des Ministres. Laurent Vallet, administrateur civil âgé de 45 ans et diplômé de Sciences Po, HEC et ancien élève de l'ENA, était depuis 2002 le directeur général de l'IFCIC, établissement de crédit créé en 1983 qui vise à faciliter l'accès au crédit des entreprises culturelles. En mars 2014, il était déjà candidat à la présidence de l’INA, lorsque Mathieu Gallet était parti pour Radio France.

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Agnès Saal en juillet 2014 © photo DOMINIQUE FAGET / AFP

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