Dimanche 16 février 2020

Politique

Frais de taxi à l'INA : Agnès Saal condamnée à payer 4.500 euros d'amende

Par LeJournaldesArts.fr (avec AFP) · lejournaldesarts.fr

Le 11 avril 2016 - 390 mots

CRÉTEIL [11.04.16] - L'ex-patronne de l'Institut national de l'audiovisuel (INA) Agnès Saal, jugée pour détournement de fonds publics, a été condamnée lundi à 150 jours amende à 30 euros, soit 4.500 euros, par le tribunal correctionnel de Créteil pour ses notes de taxis démesurées.

En cas de non paiement, les jours amende deviennent des jours de détention et le condamné effectue tout ou partie de sa peine en prison. Mme Saal a également été condamnée à verser 5.500 euros à l'association de lutte contre la corruption Anticor, partie civile, au titre des dommages et intérêts et des frais de justice.

Entre mai 2014 et avril 2015, alors qu'elle était à la tête de l'INA, la haut fonctionnaire a dépensé 23.788,46 euros de frais de taxis, soit 685 courses, dont plus la moitié a bénéficié à son fils, ses deux filles et sa tante "Lucette", a détaillé le président à l'audience.

Ces sommes ont été depuis remboursées par Agnès Saal, a observé son avocat Eric Morain.

"L'épreuve est longue, l'épreuve est dure, l'épreuve est violente, elle est peut-être disproportionnée. J'ai commis une faute, je l'ai reconnue, je l'ai assumée, je la paye très cher. J'aspire vraiment aujourd'hui, à ce qu'on m'autorise à tourner la page, à clore ce chapître", a déclarée Agnès Saal après le prononcé du jugement.

"Je sers l'Etat depuis plus de 30 ans. Je crois l'avoir très bien servi et je voudrais continuer à le faire aussi bien, mieux peut-être encore que je ne l'ai fait toutes ces années" a-t-elle ajouté, remerciant "ses proches, ses amis" dont "aucun ne (l')a lâchée".

"C'est une juste peine, publique", s'est borné à déclaré son avocat.

Pour Me Jérôme Karsenti, l'avocat d'Anticor, c'est au contraire "une sanction a minima, comme le procès, symbolique", regrettant "une peine négociée, sans débat".

La prévenue, habillée de noir et d'un foulard pourpre, avait choisi la procédure de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC), ou plaider coupable à la française. Dans cette procédure, la personne poursuivie accepte la peine proposée par le procureur de la République.

Cette peine doit ensuite être homologuée par le tribunal lors d'une audience publique, ce qui a été le cas lundi à Créteil.

Mme Saal doit à nouveau comparaître vendredi à Paris pour d'autres dépenses de taxis indues, dépassant plusieurs dizaines de milliers d'euros, lorsqu'elle était directrice générale du Centre Pompidou.

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Agnès Saal interrogée par les médias à la sortie du tribunal de Créteil, le 11 avril 2016 © photo LIONEL BONAVENTURE / AFP

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