Vendredi 22 novembre 2019

Mons 2015, capitale européenne de la culture 2015

Le Journal des Arts

Le 30 décembre 2014 - 749 mots

Mons (Belgique) et Pilsen (République tchèque) sont les deux capitales européennes de la culture en 2015. La ville francophone mise sur une programmation ambitieuse pour sortir de sa dépression.

En 2015, je suis Montois. Et toi ? » : la campagne publicitaire s’affiche en Belgique, plus timidement en France, malgré la proximité de la frontière française, à moins de trente kilomètres. En 2015, Mons en Belgique et Pilsen en République tchèque seront les deux capitales européennes de la Culture.
Dès 2003, la ville belge décide de se porter candidate au titre. En 2006, la commission européenne changeant les critères d’attribution, Mons sait que 2015 sera belge et milite ardemment pour sa nomination, créant un vide autour d’elle. Si Liège, timidement, réfléchit à une candidature, Elio Di Rupo, alors président du Parti socialiste belge et bourgmestre de Mons, avance ses pions. La seule vraie rivale, la flamande Malines, choisit de s’allier au projet de Mons en 2009. Nommée en 2010, la ville affine depuis sa programmation. Dévoilé en octobre, le programme se déroulera au rythme des quatre saisons : l’éblouissement, le grand déballage, l’été enflammé et la renaissance. 300 projets, 5 000 artistes dont 1 500 locaux et 36 créations théâtrales et chorégraphiques, plus de 80 % des événements gratuits et cinq musées inaugurés début avril : Mons a vu grand pour attirer les 2 millions de visiteurs espérés.

Van Gogh lance les festivités

L’année débute avec « L’éblouis­sement », le 24 janvier. « Dans cette ville trop longtemps sombre et triste, la fête d’inauguration doit apporter la lumière » avec vingt événements disséminés dans la ville interdite aux voitures, argumente Marie Noble, commissaire adjointe artistique à la Fondation Mons 2015. Pour marquer d’emblée les esprits, Mons reprend à son compte la recette de Lille 2004, qui avait misé sur une grande exposition patrimoniale consacrée à Rubens. En Belgique, Van Gogh sera la figure de proue de l’année capitale : « c’est une analyse des chiffres de Lille qui nous a poussés à monter cette grande exposition, pour faire décoller le projet dès le départ », explique Yves Vasseur, commissaire général de Mons 2015. Des moyens considérables ont été déployés pour « Van Gogh au Borinage », pourvu d’un budget de 2,8 millions d’euros, et qui présentera 80 œuvres de l’artiste alors jeune évangéliste, en analysant son passage dans la région de Mons et le basculement de l’homme vers la peinture. Pour élaborer la programmation, « nous nous sommes entourés dès 2006 de douze chefs de projet pour chaque discipline, charge à eux de proposer des événements pour l’année », explique Marie Noble. En 2008, un appel à projets est également lancé sur le site de Mons 2015 « avec des critères très précis, comme le caractère innovant, la dimension européenne, l’enjeu du développement durable… Nous ne voulions pas nous retrouver dans la posture de Marseille Provence 2013, qui a reçu des milliers de candidatures », précise la commissaire adjointe. Sur les 527 projets proposés par cet appel, 25 ont été retenus par un jury indépendant de la Fondation. Les rejetés ont été mis à contribution dans le cadre d’un projet plus global, « Le Grand 8 » sur les huit districts du Grand Mons, « une manière de valoriser les porteurs de projets » pour Marie Noble.

Les artistes wallons investissent la ville
Au programme de l’année, l’alliance du numérique et du patrimoine, des arts vivants et des citoyens, selon les organisateurs. En avril, pas moins de cinq musées ouvriront (lire article ci-contre) lors du « Grand Déballage », tandis que la gare conçue par Santiago Calatrava, encore en chantier, sera intégrée dans certains projets artistiques. Pour « L’été enflammé », 8 000 tournesols couvriront la Grand-Place médiévale de Mons et le dramaturge québécois Wajdi Mouawad proposera un « marathon » des sept tragédies de Sophocle, tandis que la « Renaissance » à l’automne mettra à l’honneur le musicien Roland de Lassus et le sculpteur Jacques du Broeucq, originaires de la ville et grandes figures du baroque franco-flamand. En 2015 également, on se souviendra que Paul Verlaine fut emprisonné à Mons de 1873 à 1875, après une dispute avec Rimbaud à Bruxelles. De sa cellule, il écrira Sagesse.

À Mons, l’année a déjà commencé : début décembre, l’artiste belge Arne Quinze a inauguré « The Passenger », une installation semi-pérenne installée pour cinq ans, une sorte de forêt de bois rougeoyante de 80 mètres de large et 14 mètres de hauteur. De quoi déjà, redonner des couleurs à la ville.

Le programme complet sur le site www.mons2015.eu

Légende Photo :
Arne Quinze, The Passenger, 2014, structure en bois. © Mons 2015.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°426 du 2 janvier 2015, avec le titre suivant : Mons 2015, capitale européenne de la culture 2015

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