Musée

Mobilisation contre la privatisation des emplois au Victoria and Albert Museum

Par Julie Paulais · lejournaldesarts.fr

Le 3 février 2016 - 534 mots

LONDRES (ROYAUME-UNI) [03.02.16] – La direction du V&A a annoncé en janvier que tous les nouveaux employés seront embauchés par sa branche commerciale, au statut privé. Le syndicat PCS dénonce une tentative de privatisation des emplois et a lancé une pétition.

Les salariés du Victoria and Albert Museum ont commencé une campagne de mobilisation pour stopper la privatisation de tous les futurs emplois au V&A, relate The Guardian. En a peine cinq jours, une pétition lancée par la présidente de la branche culture du syndicat PCS a déjà atteint plus de 40 000 signatures.

En début d’année, la direction du Victoria and Albert Museum a annoncé que tous les nouveaux employés du musée, des surveillants de salle aux conservateurs, seront désormais embauchés via V&A Enterprises Ltd, la branche commerciale du musée, de statut privé. Immédiatement, ce projet a été vivement critiqué par le syndicat PCS (Public and Commercial Services Union), qui dénonce un démantèlement des services publics.

Selon le syndicat, s’il était mis en place, ce nouveau système aurait un impact significatif sur la protection sociale, les congés maternité et les congés maladie offerts à tous les nouveaux employés.

Clara Paillard, présidente de la branche culture du PCS, a ouvert une pétition en ligne, appelant le musée à suspendre son projet, pétition qui a déjà été signée par 43 000 personnes en cinq jours. « Ces contrats sont nettement plus mauvais en tout, de la prévoyance, qui va maintenant être liée aux investisseurs et aux actionnaires, à l'indemnisation de licenciement, ce qui signifie qu'il sera beaucoup plus facile de se débarrasser du personnel. »

Elle a ajouté que le V&A avait parlé au personnel de ce projet de privatisation avant Noël, en précisant qu’ils ne négocieraient en aucun cas avec les syndicats parce qu'ils ne sont pas reconnus par V&A Enterprises Ltd. « Nous avons essayé d'avoir un véritable dialogue et ils ont refusé, a déclaré Clara Paillard. Il y a tellement de recherches montrant les avantages économiques de l'investissement public dans le secteur de la culture. C’est un service public et ce sont des collections nationales et le danger d'avoir de plus en plus d'opérateurs du secteur privé dans les musées est assez inquiétant. Notre espoir est que le V&A abandonne cette folle entreprise. »

Les employés actuels ne seront pas concernés, mais la rotation étant rapide, il ne faudra pas longtemps avant que la majorité travaille avec un contrat privé. Le Victoria and Albert Museum a qualifié cette mesure d’essentielle à la réduction des coûts, dans une période de réduction des budgets.

Au Royaume-Uni, de plus en plus de musées sont concernés par cette privatisation des emplois, mais cela concerne principalement les services aux visiteurs et la sécurité des œuvres, alors qu’au V&A tous les emplois seront privatisés.

Après une grève de plus de 100 jours menée par le PCS à la National Gallery, le contrat passé avec la firme Securitas pour assurer l’accueil et la sécurité pendant cinq ans est entré en vigueur au début du mois de novembre 2015. En avril 2014, l'Imperial War Museum a également privatisé ses services aux visiteurs dans toutes ses branches au Royaume-Uni en attribuant un contrat de 10 millions de livres au Groupe Shield.

Légendes photos

Galerie des sculptures du Victoria and Albert Museum, Londres © Photo stu smith - 2014 - Licence CC BY-ND 3.0

Victoria and Albert Museum, Londres, vu depuis son jardin central © Photo Kathryn Yengel - 2015 - Licence CC BY-ND 2.0

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