Vendredi 16 novembre 2018

Ventes publiques

Moyen-Orient

Les Émirats font monter les enchères

Par Armelle Malvoisin · Le Journal des Arts

Le 24 juillet 2007 - 539 mots

DUBAÏ / ÉMIRATS ARABES UNIS

Après Christie’s, Sotheby’s et Bonhams renforcent leur position au Moyen-Orient, à Dubaï et à Abou Dhabi.

DUBAÏ - Le Moyen-Orient représente-t-il un nouvel eldorado pour les maisons de ventes ? Christie’s en fait le pari et s’est lancée la première au marteau. Le 24 mai 2006, elle a effectué un essai réussi à Dubaï (Émirats arabes unis, EAU) avec une recette de 8,48 millions de dollars (6,54 millions d’euros), soit 87 % des lots vendus et 94 % en valeur, à l’issue d’une vente inaugurale d’art moderne et contemporain. Huit mois plus tard, la maison de ventes a inauguré une nouvelle session. Le 1er février, une deuxième vente d’art moderne et contemporain incluant des œuvres d’artistes issus des Émirats, mais aussi iraniens, indiens et occidentaux, a atteint 9,4 millions de dollars avec 92 % de lots vendus (86 % en valeur). 39 % des acquéreurs étaient issus du Golfe. La veille, ce sont 11,8 millions de dollars qui ont été récoltés, au-dessus de l’estimation haute, lors d’une toute première vente de bijoux et montres avec 90 % de lots vendus (89 % en valeur). 37 % du montant de la vente est revenu à trente-six acheteurs du Moyen-Orient. Dubaï se révèle être une place suffisamment accessible pour attirer les clients indiens venus soutenir leurs artistes, à l’instar de Husain, Raza ou Kumar dont les
tableaux ont dépassé les 300 000 dollars. On y voit aussi les « nouveaux Russes », friands d’art et de bijoux.
Des observateurs de Sotheby’s et également de Bonhams s’étaient rendu sur place pour juger de l’envolée de ce nouveau marché émergeant aux perspectives très intéressantes à court terme. Sotheby’s a d’ailleurs fait part quelques jours plus tard de l’étendue de sa présence dans la région du Golfe. Son point d’ancrage : Abou Dhabi, capitale des EAU. Si aucune vente aux enchères, si ce n’est de charité, n’y est programmée pour le moment, « un plan stratégique dans la région » est à l’étude en vue d’y « développer une activité future ». La région accueillera l’exposition des lots phares de ventes importantes dans les spécialités ciblées de l’art impressionniste, moderne et contemporain ; de la haute joaillerie et horlogerie, et enfin de l’art islamique. Ces expositions seront accompagnées, parmi d’autres initiatives, de conférences dans ces domaines respectifs, ce dans le cadre d’un partenariat avec la Gulf Art Fair prévue en mars dont le programme de conférences sur l’art contemporain sera sponsorisé par la maison de ventes.
Quant à l’auctioneer anglais Bonhams, il envisagerait d’ouvrir un bureau à Dubaï avec le soutien du collectionneur Mahdi al-Tajir, puissant homme d’affaires du Royaume-Uni originaire du Moyen-Orient. Bonhams, par ailleurs attiré par le marché chinois, vient tout juste de s’installer à Hongkong et y prévoit trois ventes dans le courant du mois de mai. Notons que les deux premières ventes de Christie’s à Hongkong ont eu lieu en janvier 1986, rapportant 1,79 million de dollars. En 2006, le leader international des ventes publiques a réalisé 364 millions de dollars de chiffre d’affaires à Hongkong. De la même façon, Christie’s entend prendre une longueur d’avance sur la concurrence au Moyen-Orient. Une autre série de ventes aux enchères est programmée à l’automne à Dubaï. Dans la lignée de Hongkong ?

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Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°253 du 16 février 2007, avec le titre suivant : Les Émirats font monter les enchères

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