Les bons Offices d’Isozaki

Le Journal des Arts

Le 11 juillet 2008

Première addition architecturale dans le centre historique de Florence depuis les années trente, la nouvelle sortie du Musée des Offices sera réalisée par l’architecte japonais Arata Isozaki, dont le projet historiciste a séduit le jury.

FLORENCE (de notre correspondante) - Le concours international lancé par le ministère italien des Biens culturels et la municipalité de Florence pour le projet de nouvelle sortie des Offices sur la piazza Castellani a été remporté par l’architecte japonais Arata Isozaki. Cet aménagement devrait permettre d’améliorer la circulation des visiteurs, qui se pressent toujours plus nombreux pour admirer les chefs-d’œuvre de la Renaissance. Ainsi s’achèvera la restauration de la partie ouest du bâtiment de Vasari, fermée pendant des années et défigurée par une rampe en ciment réalisée dans les années quatre-vingt par Guglielmo Marchioni. Le projet d’Isozaki sera la première addition architecturale contemporaine dans le centre historique de Florence depuis 1935, année du concours pour la gare de Santa Maria Novella remporté par Giovanni Michelucci. Outre le Japonais, de grands noms de l’architecture internationale, tels le Suisse Mario Botta, l’Anglais Norman Foster, les Italiens Gae Aulenti et Vittorio Gregotti et l’Autrichien Hans Hollein, étaient en compétition.

Le projet retenu tient compte de la puissance architectonique de la Loggia dei Lanzi, dont la couverture légère et élégante inspire l’aérienne marquise soutenue par deux piliers conçue par Isozaki. Une analogie renforcée par le mélange de matériaux modernes (polycarbonate et acier pour les structures) et “antiques” (pietra serena pour le revêtement – la même pierre grise qu’avait utilisée Vasari). À la place de la rampe, Isozaki a opté, entre les sorties du musée et le niveau de la rue, pour un unique plan incliné revêtu, à l’instar des quatre portes de sortie à l’arrière des Offices, de pietra serena. À son extrémité seront placées sur des socles quatre copies de sculptures appartenant aux collections. Ces concessions à un historicisme désuet ont-elles emporté l’adhésion d’un jury soucieux de ne pas heurter les Florentins ? La répartition entre le ministère et la municipalité des 5 milliards de lires (17 millions de francs) nécessaires à l’opération n’a pas encore été définie, mais la fin des travaux est prévue pour Noël 2000.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°83 du 14 mai 1999, avec le titre suivant : Les bons Offices d’Isozaki

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