Samedi 7 décembre 2019

PORTRAIT

Leïla Slimani, représentante personnelle du président de la République pour la francophonie

Par Francine Guillou · Le Journal des Arts

Le 29 mars 2018 - 528 mots

L’écrivaine, prix Goncourt 2016, s’est vue confier par Emmanuel Macron la mission de bâtir un « collège des francophonies ».

1981 Naissance à Rabat au Maroc, dans un milieu franco-marocain aisé. Son père, Othman Slimani, après des études en France, fut secrétaire d’État dans les années 1970, puis banquier, tandis que sa mère, Béatrice-Najat Dhobb Slimani franco-algérienne, est l’une des premières femmes médecins du Maroc. Leïla Slimani, est élève au lycée français de Rabat, et – de son propre aveu – parle moins bien arabe que français.

1999  Arrivée en France après son baccalauréat, Leïla Slimani intègre une classe préparatoire parisienne. Alors qu’elle entame des études littéraires (hypokhâgne, khâgne et Sciences Po), son père se retrouve pris au cœur d’un scandale financier, dont il ne sera blanchi que de manière posthume, en 2010. « C’était une erreur judiciaire, il a servi de bouc émissaire. Cela a bouleversé notre vie », confie cette semaine Leïla Slimani au Monde en évoquant ce père disparu en 2004. La trajectoire de la jeune femme s’en trouve donc ébranlée : après Sciences Po et un voyage de plusieurs mois à travers l’Europe de l’Est, un peu de cinéma et un bref passage au Cours Florent, Leïla Slimani atterrit sur les bancs de l’École supérieure de commerce de Paris, option journalisme.

2008  Repérée par Christophe Barbier à L’Express, elle est finalement embauchée à l’hebdomadaire Jeune Afrique. La journaliste écrit pour ce titre pendant cinq ans sur les phénomènes de sociétés, les enjeux politiques, les courants culturels qui émergent à la fin des années 2000 dans les pays du Maghreb.

2014  Publication de son premier roman, Dans le jardin de l’ogre. Après avoir démissionné de Jeune Afrique, Leïla Slimani se lance dans l’écriture. Lors d’un atelier d’écriture chez Gallimard, elle rencontre l’éditeur Jean-Marie Laclavetine qui la pousse à affûter son style. Ce premier roman, dressant le portrait d’une femme de médecin et de son addiction au sexe, sorte d’Emma Bovary trash, est sélectionné pour le prix de Flore.

2016  Leïla Slimani devient la douzième femme à décrocher le prix Goncourt pour son deuxième roman, Chanson Douce. Dans cet ouvrage à l’incipit tranchant (« Le bébé est mort »), l’auteure construit le récit glaçant de l’infanticide de deux enfants par leur nourrice, inspiré d’une histoire vraie. À ce jour, Chanson douce s’est écoulé à 600 000 exemplaires et a été traduit en quarante langues.

2017  En novembre, Leïla Slimani est nommée représentante personnelle d’Emmanuel Macron pour la francophonie, après avoir appelé à voter pour lui durant l’entre-deux-tours de l’élection présidentielle. Cette mission, bénévole et sans cabinet propre, ne consiste théoriquement qu’à siéger au Conseil permanent de la francophonie pour y représenter la France.

2018  Le 20 mars, le président de la République a détaillé son plan pour la francophonie et les missions de Leïla Slimani qu’il souhaite fédératrices : « Nous devons établir des passerelles, créer des instances qui rapprochent. C’est le sens de la mission que j’ai confiée à Leïla Slimani. Son rôle à mes côtés est de relier, nouer, faire converger (…). Pour que la francophonie soit ainsi une circulation, je souhaiterais qu’on puisse instituer peut-être ce que nous pourrions appeler un “collège des francophonies”, qui mettrait en relation les académies des pays d’expression française. »

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°498 du 30 mars 2018, avec le titre suivant : Leïla Slimani, écrivaine et représentante personnelle d’Emmanuel Macron pour la francophonie : un prix goncourt pour bâtir un « Collège des Francophonies »

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