Street art

JUSTICE

Le Mausa placé en liquidation judiciaire

Par Stéphanie Lemoine · Le Journal des Arts

Le 21 novembre 2019 - 409 mots

LONS-LE-SAUNIER

L’association qui gérait un musée de street art était en difficultés économiques, aggravées par un conflit interne.

Mausa-Les forges de Baudin à Toulouse-le-Château
Le site du Mausa-Les forges de Baudin à Toulouse-le-Château (Jura), ouvert en juillet 2017. Fermé pour l’hiver.
© photo S. Lemoine

La nouvelle n’a surpris personne : le 14 octobre, trois ans après sa création, l’association Le Mausa-Les forges de Baudin a été placée en liquidation judiciaire par le tribunal de grande instance de Lons-le-Saunier. Ayant pour but l’exploitation et la direction artistique d’un musée des arts urbains et du street art (Mausa) à Toulouse-le-château (Jura), sur un site classé, elle s’est montrée dans l’impossibilité de faire face à de nombreux impayés, après sa condamnation en octobre 2018 à verser 145 000 euros aux artisans ayant travaillé à la rénovation du site. L’association avait été placée en redressement judiciaire en avril 2019, et le musée, inauguré en juillet 2017, n’avait pas rouvert ses portes l’été dernier après sa fermeture hivernale.

Divergences entre associés

Pour Stanislas Belhomme, président de l’association, la liquidation est l’issue logique d’un long conflit l’ayant opposé à son ancien associé, Yves Bartholomé : « L’association a signé les bons de commande avec les artisans, c’est donc elle qui a été condamnée, explique-t-il. On n’avait pas la trésorerie, d’où cette liquidation. Mais les artisans ne sont pas dupes, et l’implication de Bartholomé dans cette affaire est un secret de polichinelle. Il se dit que les Forges vont être cédées à un promoteur immobilier pour en faire des appartements. C’est un braquage de foncier. »

Agent d’artistes ayant des attaches familiales dans le Jura, Stanislas Belhomme s’était porté acquéreur des Forges de Baudin en juillet 2016. Le Département, propriétaire des lieux, souhaitait en faire un espace culturel, mais n’avait pas les moyens d’assumer les frais de rénovation. Face au désistement d’un premier associé, il s’était rapproché d’Yves Bartholomé, entrepreneur jurassien à la retraite. Celui-ci avait acquis le site en juin 2017 pour la somme de 173 500 euros, alors que les travaux de rénovation avaient déjà été engagés.

Mais dès l’inauguration du Mausa, de graves divergences étaient apparues entre les deux hommes. En avril 2018, Stanislas Belhomme portait même plainte contre son associé pour vol. Dans ces conditions, le musée ne pouvait que péricliter. Pour son fondateur, cet échec est toutefois compensé par le succès d’un second site labellisé « Mausa », et ouvert en 2018 à Neuf-Brisach (Haut-Rhin), dans d’anciennes casemates dessinées par Vauban. « Nous y recevons des artistes de renommée internationale, comme Seth ou Cranio, jubile Stanislas Belhomme. Leur présence plaide pour nous. S’ils avaient le moindre doute sur notre probité, ils ne seraient pas venus ! »

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Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°533 du 15 novembre 2019, avec le titre suivant : Le Mausa placé en liquidation judiciaire

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