Mercredi 19 décembre 2018

Politique

Le gouvernement israélien retire son projet de loi favorisant les « artistes loyaux »

Par Elise Kerner-Michaud · lejournaldesarts.fr

Le 30 novembre 2018 - 298 mots

TEL AVIV / ISRAEL

Le texte voulait réserver les subventions publiques aux artistes ou institutions ne critiquant pas la politique gouvernementale.

Sigalit Landau DeadSee Israël
Sigalit Landau, DeadSee, vidéo en projection DVD de 11:39 min, 2005, The Israel Museum, Jerusalem
Photo Barlieb1

Des artistes israéliens ont de nouveau protesté dimanche dernier contre un projet de loi du ministre de la Culture et des Sports, Miri Regev, qui souhaite que seuls les artistes, institutions ou initiatives qui ne témoigneraient d’aucun désaccord avec l’Etat hébreux puissent recevoir des subventions publiques. 

Zeev Engelmayer Israël
Zeev Engelmayer, Le passé nuit à l'avenir passionnant lors de l'exposition Le choc de l'avenir, 2012
Photo Efrathab

Plusieurs voix se sont élevées contre l’initiative de la ministre, évoquant notamment la liberté d’expression des artistes. Ce à quoi Miri Regev répondait : « Préserver la liberté d’expression ne signifie pas accepter des déclarations contre l’Etat juif et démocratique d’Israël ». Plusieurs artistes avaient appelé à brûler leurs œuvres en signe de protestation. Le site Artnet news rapporte que l‘illustrateur Zeev Engelmayer, les artiste Oren Fischer et Shahar Sarig ont organisé un tel événement, tandis que Sigalit Landau, qui représentait Israël à la Biennale de Venise en 2011, s’est solidarisée avec le mouvement. 

Le site Artforum rappelle que le 21 octobre dernier, la proposition avait recueilli une majorité de votes en première lecture. Mais lundi dernier, la ministre a déclaré que le gouvernement avait finalement décidé de ne pas soutenir la loi. 

Edna Harel-Fisher, chercheuse au Israel Democracy Institute et ancienne conseillère au ministère de la Culture, appelle cependant à rester vigilant car elle estime nécessaire de faire en sorte que « cette loi dangereuse soit réellement morte dans l’œuf, de sorte que ne soit pas réalisé un pas considérable vers une démocratie faussement libérale qui n’encourage que les œuvres autorisées par l’Etat »

L’an passé, l’exposition de Ron Amir au Musée d’Israël de Jérusalem, et actuellement au Musée d’Art de moderne de la ville Paris, avait suscité la polémique. L’artiste y dénonçait les conditions de détention des migrants soudanais et érythréens dans son pays.

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