Lundi 28 septembre 2020

Scènes

Le Collège des Bernardins converti à l’art vivant

Par Céline Piettre · L'ŒIL

Le 20 mai 2016 - 382 mots

BIENNALE DU DIVERS - Quelle bonne nouvelle, en cette saison des festivals balbutiante, que de (re)programmer du spectacle vivant au Collège des Bernardins, dans le cinquième arrondissement de Paris.

D’y faire dialoguer, à l’occasion d’une biennale toute neuve, danse, théâtre et musique avec les lignes épurées de son architecture du XIIIe siècle. D’investir dix heures durant (le 11 juin) les espaces de cet ancien lieu d’étude destiné aux moines cisterciens : nef majestueuse et cellier voûté… La Biennale du divers : drôle de nom pour un festival. Son caractère sibyllin ne se préoccupe pas des exigences actuelles de référencement sur Internet ; tant pis si les moteurs de recherche ne la font pas remonter en première page. Baptisée en hommage au poète Édouard Glissant, elle mise, comme ce dernier, sur la « diversité » créatrice pour parer à la pensée unique. Le « divers » est encore ici une autre façon de qualifier ces propositions apatrides, habituellement regroupées sous le terme paresseux d’interdisciplinaire. À l’affiche de cette première édition, des projets croisés récemment. L’émouvant Finir en beauté de Mohamed El Khatib (succès inattendu du festival « off » d’Avignon 2015), où l’auteur, seul sur scène, construit à partir de fragments de vidéos et de SMS le récit de la mort de sa mère ; la danse roborative de Volmir Cordeiro (Rue), sorte de samba guerrière créée pour la Cour Marly du Louvre. Ou encore, côté nouveautés, la musique immersive de Polite Society, à écouter, allongé au sol et lumières éteintes. Un point commun à tous ces projets ? Le texte et la transmission du savoir – en rapport à la vocation originelle des Bernardins. On retrouve ainsi Deleuze chez Vera Mantero (qui chorégraphie l’un de ses cours sur Spinoza) et Leibniz chez Grand Magasin, inspirateur d’un opéra écrit par le compositeur de musique minimaliste Tom Johnson. Un petit tour par la sacristie et l’installation-paysage du plasticien Stéphane Thidet, et les réjouissances seront complètes. Une programmation modeste mais soignée, dans la veine hétérodoxe de ses cousins du festival Les Inaccoutumés (Ménagerie de verre) et Extension sauvage (Ille-et-Vilaine).  Ne lui reste plus qu’à trouver ses fidèles. 

Quoi ? Biennale du divers, festival des arts vivants
Où ? Collège des Bernardins, Paris-5e
Quand ? Le 11 juin, de 14 h à minuit
Comment ?www.collegedesbernardins.fr

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°691 du 1 juin 2016, avec le titre suivant : Le Collège des Bernardins converti à l’art vivant

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