Samedi 7 décembre 2019

Un musée à inventer

Hélène Lafont-Couturier, nouvelle directrice du Musée gallo-romain de Lyon-Fourvière

L’histoire de l’immigration est indissociable de l’histoire de France

Par Daphné Bétard · Le Journal des Arts

Le 5 janvier 2010 - 326 mots

Hélène Lafont-Couturier, nouvelle directrice du Musée gallo-romain de Lyon-Fourvière, après avoir été aux commandes de la direction muséographique de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration, à Paris, depuis sa création

Comment la Cité nationale de l’histoire de l’immigration s’est-elle construite ?
« Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait. » Ces paroles de Mark Twain s’appliquent parfaitement à la création de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration, seule institution consacrée à ce thème en France. Les contraintes budgétaires, le choix du lieu, le fait qu’il n’y avait aucune collection existante (c’était le premier musée national sans collection), ont constitué autant de défis, surmontés en seulement deux ans. Il s’agit d’un musée qui parle d’une histoire toujours douloureuse et la décision de le créer a été très courageuse. Pour constituer les collections, nous avons été à la rencontre des acteurs de cette histoire qui ont accepté de se raconter et de se dessaisir d’un objet pour le confier au musée. Il fallait s’en montrer digne. Cela s’est soldé par une véritable réussite puisque, aujourd’hui, le musée est à son tour sollicité par des gens qui veulent que leur histoire rejoigne le patrimoine national.

Comment avez-vous reçu la nouvelle de la création d’un nouveau musée national consacré à l’Histoire ?
L’histoire de l’immigration est indissociable de l’histoire de France. L’annonce de ce nouveau musée national m’a quelque peu  inquiétée, mais si ce musée veut vraiment jouer un rôle de tête de réseau, cela peut être intéressant. Tout va dépendre de ses collections et de la manière dont va être fait ce musée. Un lieu consacré à l’histoire de l’immigration a un vrai rôle à jouer, et s’il est englobé dans un plus vaste musée, il prend le risque de disparaître un peu. Nous avons la chance d’avoir ce musée ; il serait dommage de le rendre moins visible. Il s’agit d’un lieu de rencontres et d’échanges formidables, il ne faut pas que cela s’arrête.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°316 du 8 janvier 2010, avec le titre suivant : Hélène Lafont-Couturier, nouvelle directrice du Musée gallo-romain de Lyon-Fourvière

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