Mardi 11 décembre 2018

Edgar Sarin, plasticien

Par Aurélie Romanacce · L'ŒIL

Le 15 mars 2017 - 317 mots

Barbe fournie, lunettes en écaille et costume cintré, Edgar Sarin semble surgir d’une autre époque. Dans son atelierà Paris – un studio tapissé de formules poétiques et scientifiques –, l’artiste propose en guise d’en-cas une ampoule d’eau de mer «Â riche en oligo-éléments. »

Né en 1989, Edgar Sarin se destine d’abord à des études scientifiques avant de se consacrer exclusivement à la création en 2013, une fois son diplôme d’ingénieur en énergie renouvelable obtenu. Il est rapidement conforté dans son choix, puisqu’il remporte en 2016 la bourse Émerige et s’apprête à exposer chez Konrad Fischer à Berlin et Michel Rein à Paris. Convaincu que « l’exposition est un moteur dans lequel on fait entrer le spectateur pour faire tourner la machine », Edgar Sarin aime jouer sur la « latence des images » pour attiser la frustration, susciter le désir et provoquer l’imagination. Au Collège des Bernardins, l’artiste a mis en place un « protocole » selon lequel une trentaine de personnes s’enferment chaque jeudi dans la sacristie pendant 45 min pour « fabriquer des objets, partager des connaissances sans qu’aucun spectateur ne les voie », détaille l’artiste. « C’est comme une île déserte sur laquelle les rescapés vont devoir réapprendre à vivre », se réjouit-il. L’exposition évolutive présente les vestiges de cette « expérience ». Pendant chacune des séances, une photo est prise à la 43e min, tandis qu’un scribe consigne de manière scientifique tout ce qui s’y déroule. Les archives seront ensuite scellées dans trois sphères de laiton et enterrées avant d’être rouvertes dans cent ans !

Biographie

1989 - Naissance à Marseille

2013 - Diplôme d’ingénieur en énergie renouvelable

2014-2016 - Il fonde l’Antichambre de la substance rayonnante, revue artistique

Octobre 2015 - Première exposition de son collectif le Cercle de La Horla avec des œuvres de neuf artistes, dont Pierre Huyghe

2016 - Lauréat de la bourse Émerige

31 mars – 20 juillet 2017 - Exposition « Un minuit que jamais le regard, là, ne trouble », au Collège des Bernardins (Paris)

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°700 du 1 avril 2017, avec le titre suivant : Edgar Sarin, plasticien

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