Nomination

Dominique Païni à la barre de la Fondation Maeght

Par Maureen Marozeau · Le Journal des Arts

Le 20 septembre 2007

Transfuge du Centre Pompidou, le futur directeur annonce un retour aux sources de la Fondation.

SAINT-PAUL DE VENCE - Dominique Païni, directeur du développement culturel du Centre Pompidou, a été nommé directeur de la Fondation Marguerite et Aimé Maeght, à Saint-Paul de Vence (Alpes-Maritimes)  le 7 avril. Il succède à Jean-Louis Prat qui, le 14 octobre 2004, a quitté ses fonctions après un mandat de trente-quatre ans. Conformément à la demande de la famille Maeght, la mission principale du nouveau directeur sera d’inscrire la création contemporaine au sein de l’institution.
Le prestige de la fonction est tel que ce Parisien de souche délaisse volontiers à 58 ans la capitale pour les collines de Provence. Il confie avoir reçu les vifs encouragements de Francine Mariani-Ducray, directrice des Musées de France, mais aussi du délégué aux Arts plastiques, Olivier Kaeppelin. Selon Dominique Païni, cette nomination fait en effet figure de « bâton de maréchal », d’autant qu’elle apparaît comme « une très opportune synthèse » de toutes ses précédentes activités. En premier lieu, Dominique Païni a dirigé pendant dix ans la Cinémathèque française (1991-2000), où il fit la rencontre d’Adrien Maeght avec lequel il a conçu trois ouvrages. À ce magistère s’ajoute la direction de l’unité de production audiovisuelle du Musée du Louvre (1988-1992), l’enseignement à l’École du Louvre, le commissariat d’expositions au Centre Pompidou – « Hitchcock et l’art » en 2001 ou « Jean Cocteau, sur le fil du siècle » en 2003-2004 – sans oublier les responsabilités incombant à l’exercice de ses fonctions actuelles au sein de ce même établissement. C’est justement pour mener à bien le commissariat de l’exposition Jean-Luc Godard prévue l’année prochaine au Centre Pompidou que le nouveau directeur ne prendra ses fonctions que le 1er janvier 2006.
La Fondation mise manifestement sur la pluridisciplinarité, car le choix de Dominique Païni s’est en partie joué sur sa capacité à croiser les disciplines. Sa mission est « d’accentuer de manière significative l’ancrage de la fondation au sein de la création contemporaine ». Il devrait être invité non seulement à développer la collection d’art contemporain de l’institution, mais aussi à élargir la programmation vers des domaines comme la photographie, le cinéma ou la performance. Mais, à la différence de Jean-Louis Prat, il n’assurera qu’une partie des commissariats d’exposition et confiera de temps en temps les rênes à des commissaires invités, français et étrangers. Autre grand projet, la construction d’un nouvel auditorium permettra aux arts du spectacle de revenir à Saint-Paul. Lors de son établissement en 1964, l’institution était ouverte à tous les modes de création contemporaine et Dominique Païni évoque avec émotion la découverte de la musique de John Cage lors de ces fameuses « Nuits de la Fondation Maeght ». Celles-ci ont vu défiler, de 1965 à 1970, le chorégraphe Merce Cunningham, le compositeur Karlheinz Stockhausen ou le jazzman Duke Ellington. « La Fondation a été le creuset de tout ce que l’on connaît aujourd’hui. Elle était en quelque sorte le laboratoire du Centre Pompidou », explique-t-il. 2006 sonnera-t-elle donc comme un retour aux sources pour la Fondation ? Difficile à dire à ce stade, mais le troisième directeur du lieu annonce son intention d’apporter dans ses bagages plusieurs projets envisagés pour le Centre Pompidou, où se pose encore la question de sa succession.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°213 du 15 avril 2005, avec le titre suivant : Dominique Païni à la barre de la Fondation Maeght

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