Vendredi 28 février 2020

Des enseignes étrangères en nombre

Par Pauline Vidal · Le Journal des Arts

Le 15 octobre 2014 - 768 mots

La Fiac, qui bénéficie d’une clientèle de plus en plus internationale, attire en retour les plus grands marchands d’art de la planète, en particulier les galeries américaines.

Pour cette 41e édition, l’internationalisation croissante de la Fiac se confirme. Le nombre  de galeries étrangères passe de 129 en 2013 à 143 cette année. La progression des enseignes américaines (de 33 à 45) est particulièrement sensible. La Fiac est devenue avec Art Basel et Frieze London une foire de référence qui attire les plus grandes galeries étrangères. Depuis quelques années, son succès ne se dément pas, et les poids lourds étrangers répondent à l’appel. Le cadre parisien et l’écrin du Grand Palais constituent des atouts indéniables. Mais c’est aussi parce que cette foire est devenue une destination appréciée des collectionneurs américains et du monde entier qu’elle attire les plus grands marchands de la planète. « La Fiac nous offre l’opportunité de servir nos collectionneurs français, mais aussi de construire un pont vers la Russie et le Moyen-Orient », confie Nicolas Smirnoff chez Pace (New York, Londres, Pékin). « Ces dernières années, renchérit Justine Durrett chez David Zwirner (New York, Londres), certains collectionneurs décident même de renoncer à Frieze mais vont à la Fiac. Ces foires se succèdent très vite. Tous les collectionneurs ne peuvent pas tout faire. Ici, il y a un rythme qui est moins frénétique et une orientation vers l’historique qui peuvent être intéressants pour certains collectionneurs. » Le dialogue entre le moderne et des œuvres plus contemporaines est une composante essentielle de la galerie Zwirner, et « la Fiac est un contexte particulièrement adapté à cela », insiste Justine Durrett. Son stand confronte les œuvres de Yayoi Kusama et de Wolfgang Tillmans, qui vient de rejoindre la galerie, à des pièces historiques de Donald Judd.

Bien que quelques jours à peine séparent Frieze (organisée cette année du 15 au 18 octobre) de la Fiac, la plupart des grandes enseignes participent aux deux événements et parfois même à Frieze Masters. C’est le cas de Gagosian Gallery (New York, Paris, Hongkong), qui présente un solo show à Frieze, mais opte à la Fiac pour un group show autour des sculptures de John Chamberlain, avec des artistes de différentes générations. « À Frieze, les gens viennent souvent pour l’ouverture. À la Fiac, ils reviennent facilement plusieurs fois », souligne Serena Cattaneo, de Gagosian Paris.

Le risque du « solo show »
Présenter tous les artistes de la galerie est une stratégie adoptée par de nombreux marchands. Michael Werner (Cologne, New York) expose ainsi Sigmar Polke, James Lee Byars, Marcel Broodthaers ou Huma Bhabha. Annely Juda Fine Art (Londres) montre à Paris de nombreux artistes parmi lesquels Anthony Caro et Ben Nicholson. Paula Cooper (New York) fait dialoguer Matias Faldbakken, Christian Marclay, Rudolf Stingel et Kelley Walker avec des artistes plus historiques comme Sherrie Levine.

Plus rare et plus risquée : l’exposition personnelle. C’est pourtant l’option choisie par Neuggerrienschneider (Berlin) qui consacre son stand à Olafur Eliasson, à l’honneur actuellement à la Tate Britain et bientôt à la Fondation Louis Vuitton. C’est également un solo show que Hauser and Wirth (Zurich, Londres, New York) propose avec Roni Horn. Cependant, « on ne choisit pas seulement les artistes pour leur actualité. On n’a pas choisi [Paul] McCarthy qui a pourtant une actualité brûlante à Paris [exposé à la Monnaie de Paris à partir du 25 octobre, ndlr], précise Nathalie Brambilla chez Hauser and Wirth. Chaque ville a un public différent. On regarde cela de près. Et puis, il faut veiller à montrer des choses différentes entre Frieze, la Fiac et [Art Basel] Miami qui arrive très vite ensuite. »
L’actualité des artistes demeure toutefois un critère de sélection notable. Sprüth Magers (Berlin, Londres) accorde une place significative à David Maljkovic, exposé au Palais de Tokyo, et Andrea Rosen (New York) à David Altmejd, visible actuellement au Musée d’art moderne de la Ville de Paris. Notons aussi qu’Eva Presenhuber (Zurich) présente, à côté de Valentin Carron ou d’Eva Rothschild, des peintures de la lauréate 2013 du prix Marcel Duchamp montrée au Centre Pompidou, Latifa Echakhch.

Medhi Chouakri (Berlin), qui se concentre principalement sur les foires labellisées Art Basel (Bâle, Miami Beach et Hongkong), ne participe pas à Frieze, mais il est à la Fiac. Son stand est le fruit d’une collaboration avec l’architecte canadien David Saik, qui a réalisé deux cabinets permettant de mettre en scène des œuvres de Saâdane Afif, N. Dash ou Mathieu Mercier.

La partie moderne s’étoffe avec l’arrivée de quelques poids lourds telle la galerie Thomas (Munich), qui propose notamment un Paul Klee pour un prix à sept chiffres.

Les articles du dossier : Fiac 2014 : mobilisation générale
  • La Fiac illumine la scène parisienne
  • La Fiac en ordre de bataille
  • Les jeunes bousculent la Fiac
  • Galeries françaises en représentation
  • Des enseignes étrangères en nombre
  • (Off)iciellement attendue
  • Agenda de la fiac / (OFF)ICIELLE
  • Le « off » et l’officiel
  • Du contrat entre l’artiste et le galeriste
  • Le collectionneur sur l’échiquier
  • Les nommés du prix Duchamp 2014
  • La Fiac repousse les murs
  • La nuit des galeries parisiennes

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°421 du 17 octobre 2014, avec le titre suivant : Des enseignes étrangères en nombre

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