Vendredi 22 novembre 2019

ONG

Crise de gouvernance à l’Icom

Par Jean-Christophe Castelain · Le Journal des Arts

Le 4 juin 2013 - 466 mots

Le directeur général et la directrice financière du Conseil international des musées ont été remerciés sur fond de tension avec le président.

PARIS - Le départ forcé de Julien Anfruns, le directeur général de l’Icom, et de sa directrice administrative et financière, Lydie Spaczynski, révèle une sérieuse crise de gouvernance au sein de cette organisation non gouvernementale liée à l’Unesco et qui représente les musées du monde. Selon des courriers (1) adressés par le président allemand de l’Icom, élu en 2010, Hans-Martin Hinz, (qui n’a pas souhaité répondre à nos questions), à son conseil d’administration, les deux Français auraient quitté l’Icom en mai à la suite d’allégations de mauvaises conditions de travail imposées à certains salariés de l’organisation, une enquête de l’inspection du travail étant en cours. « Mon départ n’est pas directement lié à ce sujet d’enquête, nous a précisé Julien Anfruns, mais, en tant que directeur général, j’en paye opportunément le prix dans un contexte politique plus large. » Il ajoute : « J’ai été recruté il y a cinq ans par la présidente d’alors, Alissandra Cummins, pour moderniser l’Icom, et de ce point de vue, le bilan est largement positif. La conduite de cette modernisation et la visibilité associée à mes résultats ont, semble-t-il, provoqué des changements de postures. Les différences d’approche avec le nouveau président en termes de gouvernance et de pratique managériale ont depuis plusieurs mois conduit au fait que je ne pouvais plus exercer mes fonctions normalement. »

Il y aurait donc là, outre des suspicions de mauvaise gestion humaine, un conflit classique entre un directeur général exécutif et un président qui ne partagent pas la même stratégie. Car, même s’il n’a pas de rôle exécutif, le président « représente l’Icom pour tous les actes engageant l’organisation à l’égard de tiers et donne délégation de gestion au D. G. », selon les statuts de l’Icom, c’est pourquoi chacun peut en cas de conflit se prévaloir d’une certaine légitimité. Cette affaire intervient aussi en pleine campagne électorale pour le renouvellement du conseil d’administration, et donc de son président.

Julien Anfruns a rejoint le secrétariat général du ministère de la Culture, son ministère d’origine où il a été chef du bureau du Budget de 2002 à 2005 avant de prendre la direction financière du Louvre de 2005 à 2008. Une directrice générale, Hanna Pennock, a été désignée pour assurer l’intérim et le suivi de la conférence générale qui doit se tenir en août à Rio de Janeiro. De son côté, le comité français de l’Icom, présidé par Denis-Michel Boëll, directeur adjoint du Musée de la marine, a tenu son assemblée générale le 31 mai au Louvre-Lens et a procédé au renouvellement des membres de son conseil d’administration.

Note

(1) dont le journal de l’association des musées britanniques publie plusieurs extraits sur son site.

Légende photo

Le logo de l'ICOM - source www.icom.museum

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°393 du 7 juin 2013, avec le titre suivant : Crise de gouvernance à l’Icom

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