Vendredi 21 février 2020

Président de Platform et du Fonds régional d’art contemporain Aquitaine répond aux inquiétudes

Bernard de Montferrand : « Nous ne sommes pas en danger »

Bernard de Montferrand, président de Platform et du Fonds régional d'art contemporain Aquitaine répond aux inquiétudes.

Les Fonds régional d’art contemporain (Frac) font partie des rares institutions d’arts visuels au financement largement assuré par les régions (58 % en moyenne). Cela rend-il leur statut plus fragile, à l’approche des élections ?
Leur statut n’est pas fragile, il s’est même renforcé en trente ans d’activités et sera d’ailleurs conforté par la mise en place du label Frac, après la promulgation de la loi sur la création, l’architecture et le patrimoine (LCAP). Ces dernières années, la stabilité du financement des Frac par les régions est remarquable, signe d’une appropriation de chaque institution par son territoire.

Le ministère semble préconiser le passage des Frac à un statut d’établissement public de coopération culturelle. Quelle est votre position à ce sujet ?
La clé du succès des Frac, depuis trente ans, est la légèreté et l’adaptabilité. Tous sont restés de petites équipes créatives, de recherche, avec un budget inférieur à un million d’euros, pour une dizaine d’employés en moyenne. Le statut d’EPCC risque d’apporter certaines contraintes bureaucratiques, notamment de comptabilité publique. Il faut préserver leur capacité de réactivité et d’innovation. D’ailleurs, la plupart des régions l’ont bien compris et ne sont pas favorables à ce statut pour les Frac.

Les régionales surviennent avant que la LCAP ne grave dans le marbre la sécurité juridique des collections : le danger est-il réel ?
D’abord, rappelons que le débat sur l’aliénation des collections est aussi vieux que les Frac (et a toujours conclu à la nécessité de conserver ce patrimoine). C’est tant mieux, cela permet de réfléchir au sens et à l’objet d’une collection publique. Ensuite le statut de chaque Frac garantit la sécurité juridique de sa collection. Nous ne sommes pas en danger même si le discours du FN, avec son radicalisme et son populisme, apporte dans tous les domaines des réponses inadaptées et dangereuses.

Comment les Frac vont-ils relever le défi du regroupement des régions ?
Cette réforme voit les Frac porter un projet de renouveau, avec un plan triennal de réflexion et d’action auquel nous travaillons activement. Il reflétera notre souci constant d’améliorer la diffusion, le travail en réseau, la médiation et l’éducation.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°446 du 27 novembre 2015, avec le titre suivant : Bernard de Montferrand : « Nous ne sommes pas en danger »

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