Ventes publiques

Arrestations à Drouot

Des commissionnaires et un commissaire-priseur interpellés dans une affaire d’objets volés à Drouot

Par Armelle Malvoisin · Le Journal des Arts

Le 8 décembre 2009

Suspectées de participer à un trafic d’objets volés, douze personnes, dont des commissionnaires et un commissaire-priseur, ont été interpellées à l’hôtel Drouot le 30 novembre. Ces arrestations font suite à une enquête menée après le vol d’un tableau de Courbet, Paysage marin sous ciel d’orage.

PARIS - Le 30 novembre à Drouot, les policiers et gendarmes de l’Office central de lutte contre le trafic des biens culturels (OCBC) ont interpellé douze personnes suspectées de participer à un trafic d’objets volés au sein de l’hôtel des ventes parisien. Trois commissionnaires ont été placés en détention provisoire à l’issue de leur garde à vue. Cinq autres « cols rouges » ainsi qu’un commissaire-priseur, Éric Caudron, soupçonné d’écouler dans ses ventes la marchandise dérobée, ont été relâchés et placés sous contrôle judiciaire. Ce dernier est interdit de vente et d’accès à l’hôtel Drouot. Trois proches des commissionnaires mis en cause attendent d’être convoquées par le juge Jean-Louis Peries. Tous risquent jusqu’à 15 ans de réclusion criminelle et 150 000 euros d’amende pour association de malfaiteurs, vol et recel en bande organisée.Cette vague d’arrestations sans précédent fait suite à une enquête de dix mois, précédée d’une plainte déposée début 2009 pour le vol d’un tableau de Gustave Courbet, Paysage marin sous ciel d’orage, estimé environ 100 000 euros. Depuis son inventaire en 2004 par un commissaire-priseur de Drouot, l’œuvre avait disparu. Elle a resurgi lors d’une perquisition au domicile d’un des interpellés. En tout, plus d’une centaine d’objets ont été saisis en même temps que le contenu de 125 box de 8 m3 dans les entrepôts des commissionnaires à Bagnolet (Seine-Saint-Denis). Les « cols rouges » volaient régulièrement les clients des commissaires-priseurs lors d’enlèvements après inventaire. Ils revendaient le fruit de leurs larcins dans des ventes courantes non cataloguées. « Leur système fonctionnait bien. Ils volaient et revendaient sur un même lieu, explique le commandant Corinne Chartrelle, de l’OCBC. Rares étaient les commissaires-priseurs qui arrivaient à leur tenir tête. » Drouot et la Compagnie des commissaires-priseurs judiciaires de Paris se sont constitués partie civile dans cette affaire.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°315 du 11 décembre 2009, avec le titre suivant : Arrestations à Drouot

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