Collection

Un rare objet ayant appartenu à Anne Boleyn retrouvé dans le commerce

Par Julie Goy · lejournaldesarts.fr

Le 12 novembre 2021 - 392 mots

LONDRES / ROYAUME-UNI

Une figurine en bois vendue à un prix dérisoire se révèle avoir appartenu à la seconde épouse du roi Henri VIII d’Angleterre.

Oiseau en bois du XVIe siècle recouvert de feuille d'or, 20 x 20 cm, L'oiseau en bois du XVIe siècle recouvert de feuille d'or, 20 x 20 cm, ayant appartenu à Anne Boleyn, la seconde épouse du roi Henri VIII d’Angleterre. © Paul Fitzsimmons / Marhamchurch Antiques
L'oiseau en bois du XVIe siècle recouvert de feuille d'or, 20 x 20 cm, ayant appartenu à Anne Boleyn, la seconde épouse du roi Henri VIII d’Angleterre.
© Paul Fitzsimmons / Marhamchurch Antiques

En 2019, l’antiquaire britannique Paul Fitzsimmons acquiert pour la modique somme de £75 (87€) un petit objet en bois sculpté : ce dernier en vaudrait aujourd’hui £200 000 (270 000€). Le marchand avait eu du flair : l’objet avait une provenance royale inédite. 

Couvert de feuille d’or, l’objet du XVIe siècle est parvenu en parfait état : toutes les dorures ont été conservées, ainsi que la peinture d’origine. L’oiseau a ainsi été authentifié comme étant un faucon sculpté ayant appartenu à la reine d’Angleterre Anne Boleyn (1501-1536). L’antiquaire a pu établir ce lien grâce à un dessin retrouvé au château de Hampton Court, résidence d’Anne Boleyn et du roi Henri VIII située à Londres sur la rive gauche de la Tamise. L’historienne Tracy Borman, spécialiste des Tudors, suggère dans The Guardian que ce faucon royal était probablement conservé dans les appartements privés d’Anne Boleyn, 

L’objet porte toutes les caractéristiques de l’emblème héraldique de l’ancienne reine. Le faucon fait référence à sa lignée, la famille noble irlandaise des Butler. L’iconographie du faucon doté d’un sceptre et d’une couronne impériale symbolise plus spécifiquement les visées politiques de son époux, le roi Henri VIII. Ce dernier s’est rendu célèbre pour avoir renié l’église catholique pour divorcer de sa première épouse, la reine Catherine d’Aragon, afin de pouvoir épouser Anne Boleyn en 1533, ce qui mena par la suite au schisme anglican. 

Le petit emblème en bois a certainement été retiré de la résidence après que le roi a ordonné l’exécution d’Anne Boleyn et la destruction de toute trace de son existence, ce qui fait la rareté de l’oiseau sculpté. Selon les historiens, il a probablement été conservé par un partisan de la reine afin d’être transmis à la postérité. La reine avait été décapitée pour adultère et haute trahison, suite à de fausses accusations conçues par Thomas Cromwell, ministre et proche conseiller du roi – probablement à sa demande – car elle ne parvenait pas à lui donner un héritier mâle. 

D’une taille de 20 cm sur 20,5 cm, noirci par la suie, l’objet a été restauré. Paul Fitzsimmons souhaite désormais que l’oiseau sculpté retourne sur son lieu d’origine, le palais de Hampton Court, auquel il a accordé un prêt de longue durée. 
 

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