Mercredi 6 juillet 2022

Archéologie - Insolite

Un pénis gravé sur une pierre antique découvert en Angleterre

Par Paul Bérat · lejournaldesarts.fr

Le 16 juin 2022 - 330 mots

VINDOLANDA / ROYAUME-UNI

Accompagné d’une inscription latine humiliante, il moque la personne à qui il est associé

Pénis gravé sur une pierre découverte sur le site antique de Vindolanda au nord de l'Angleterre. Courtesy the Vindolanda Charitable Trust
Pénis gravé sur une pierre découverte sur le site antique de Vindolanda au nord de l'Angleterre.
Courtesy the Vindolanda Charitable Trust

A l’occasion d’une nouvelle campagne de fouilles menée récemment sur le site antique romain de Vindolanda, dans le comté de Northumberland (au nord de l’Angleterre), l’archéologue et biochimiste Dylan Herbert a mis au jour une plaque de pierre sur laquelle ont été gravés un pénis et l’inscription latine suivante : « Secvndinvs Cacor » (ou « Secundinus l'emmerdeur »).

« J’avais enlevé beaucoup de décombres toute la semaine et, pour être honnête, cette pierre me gênait, j’étais content quand on m’a enfin dit que je pouvais la sortir de terre. De dos, elle ressemblait à toutes les autres, une pierre très ordinaire, mais quand je l’ai retournée, j’ai été surpris de voir le dessin et les inscriptions », explique Dylan Herbert.

D’après les experts du Vindolanda Charitable Trust, l’organisation à l’origine des fouilles réalisées sur le site, cette pierre, datée du IIIe siècle de notre ère, porterait une insulte adressée à un soldat romain. « Son auteur était clairement en conflit avec Secundinus et suffisamment confiant pour exprimer publiquement son opinion. Je ne doute pas que Secundinus aurait été beaucoup moins amusé que nous », explique le directeur du Vindolanda Trust Andrew Birley.

La représentation du pénis n’était pas rare dans l’Antiquité gréco-romaine. Rien que sur le site archéologique de Vindolanda, douze (maintenant treize) motifs de ce type ont été mis au jour ces dernières années. Si la plupart des représentations antiques de pénis étaient censées écarter les mauvais esprits et améliorer la fécondité, celle qu’a découvert Dylan Herbert, fait figure d’exception.

Le site de Vindolanda accueillait à l’époque romaine un fort militaire de premier ordre. Situé près du mur d’Hadrien, qui sépare depuis le IIe siècle de notre ère l’Ecosse et l’Angleterre actuelles, il était destiné à protéger la province romaine de Bretagne des attaques barbares. Il fait l’objet de fouilles archéologiques régulières. Il est connu pour la découverte d’un grand nombre de tablettes en bois qui retracent des correspondances entre des garnisons romaines.

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