Mercredi 21 octobre 2020

Parc à thème

Un « Napoléonland » en Seine-et-Marne

Par Sophie Flouquet · Le Journal des Arts

Le 28 février 2012 - 749 mots

MONTEREAU-FAULT-YONNE - Tandis que le château de Versailles revisite les batailles napoléoniennes en peinture, le député-maire de Montereau-Fault-Yonne (Seine-et-Marne) Yves Jégo souhaite redynamiser le sud du département avec un parc de loisirs dédié à Napoléon Ier. L’ancien ministre entend capitaliser sur la venue en masse du public aux célébrations annuelles du « Bivouac de Montereau ». PAR SOPHIE FLOUQUET

Après Astérix le Gaulois, c’est Napoléon Ier qui pourrait avoir les honneurs d’un parc de loisirs dédié à son histoire. L’idée, saugrenue à souhait, est portée par l’ancien secrétaire d’État à l’outre-Mer et député-maire de Montereau-Fault-Yonne (Seine-et-Marne), Yves Jégo (PR) après avoir constaté que les célébrations du « Bivouac de Montereau », manifestation organisée en l’honneur de la dernière victoire de Napoléon face aux Autrichiens, attiraient entre 15 000 à 20 000 personnes tous les ans. Il y avait donc là matière à capitaliser. D’où ce pari de transformer ce succès populaire en levier économique pour le sud du département de la Seine-et-Marne. Une manière de tenter de réitérer, grâce à la figure de Napoléon, l’effet « Mickey » dû à l’installation d’Eurodisney, qui avait dopé le nord du département.

La « marque Napoléon »
D’ici à 2017, une centaine d’hectares de terres agricoles proches de la ville pourraient donc être convertis en un vaste parc associant activités tertiaires et parc de loisirs, pour un coût estimé à 250 millions d’euros qu’Yves Jégo souhaiterait voir financer par le biais d’un partenariat public-privé. Fruit d’un travail préparatoire mené par l’ancien préfet de l’Essonne, Jean-Louis Dufeigneux, le projet a été présenté le 18 février, en présence du secrétaire d’État au tourisme, Frédéric Lefèvre. Les objectifs sont ambitieux. Le député-maire, qui n’hésite pas à parler de « marque monde » pour qualifier le général devenu le premier empereur des Français, table en effet sur une fréquentation de 1,5 à 2 millions de visiteurs par an. Pourtant, si plusieurs pistes ont déjà été évoquées, le projet n’en est encore qu’à ses balbutiements. Une association de pilotage devrait être créée dans le courant du mois de mars. Sur l’ensemble du projet, qui inclut également un centre de congrès, 50 hectares seraient consacrés au parc à thème, « entre loisirs et culture », baptisé « Le bivouac de Montereau ». Devraient notamment y être déclinées des reconstitutions de grandes batailles mais aussi quelques événements majeurs, comme le sacre de 1804, assortis d’attractions foraines. Yves Jégo, qui espère une prise en charge de « la partie culturelle » du projet par le ministère de la Culture, a déjà désigné un spécialiste pour présider son comité scientifique, tâche confiée à l’éminent spécialiste Jacques-Olivier Boudon, titulaire de la chaire d’études napoléoniennes à la Sorbonne et président de l’Institut Napoléon. « Il est normal que des spécialistes s’engagent pour s’assurer que ce qui sera proposé dans le parc soit le plus proche possible des réalités historiques, nous a confié Jacques-Olivier Boudon. Ce parc peut être un moyen de sortir l’histoire de ses cadres traditionnels pour toucher un public plus large. » L’historien admet toutefois n’être engagé que sur le principe, le projet demeurant encore très flou. « Si les propositions devaient être aux antipodes de la réalité historique, j’en tirerai les conséquences » précise-t-il encore. En 1989, c’est le ministre de la Culture Jack Lang qui avait inauguré le Parc Astérix, bâti au nord de Paris. Un parc qui a connu, comme tous les grands parcs de loisirs, des difficultés économiques récurrentes.

L’état de la maison de Napoléon à Sainte-Hélène empire

Alors que Napoléon pourrait devenir le sujet d’un parc de loisirs, les passionnés se mobilisent pour sauver sa dernière demeure, la maison de Longwood. Située sur un lopin de terre perdu au milieu de l’Atlantique sud, l’île de Sainte-Hélène, l’ancienne ferme réaménagée à la hâte en 1815 pour l’arrivée de l’empereur déchu a subi les affres du temps et les rigueurs du climat de l’île. Au point que ses bâtiments requièrent désormais une impérieuse restauration. Gérée par le ministère des Affaires étrangères depuis son rachat aux Anglais par Napoléon III – ministère qui ne finance que l’entretien courant —, la maison accueille près de 6 000 visiteurs par an. Mais son énergique conservateur, Michel Dancoisne-Martineau s’inquiète de l’urgence sanitaire pesant sur le bâti. Une souscription a été lancée via la fondation Napoléon pour recueillir la moitié des 1,4 million d’euros nécessaires à la remise en état de l’aile des généraux. Fort de son succès, la souscription demeure ouverte pour poursuivre la collecte de fonds et envisager une restauration globale du site.

Légende photo

Croquis de présentation du projet de parc d'attraction autour de Napoléon. © Ville de Montereau-Fault-Yonne.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°364 du 2 mars 2012, avec le titre suivant : Un « Napoléonland » en Seine-et-Marne

Tous les articles dans Patrimoine

Le Journal des Arts.fr

Inscription newsletter

Recevez quotidiennement l'essentiel de l'actualité de l'art et de son marché.

En kiosque