Vendredi 28 janvier 2022

Musée

CENTRE D’INTERPRÉTATION

Un musée « coopératif » pour le patrimoine maritime en méditerranée

Par Sindbad Hammache · Le Journal des Arts

Le 26 décembre 2020 - 577 mots

MARSEILLE

Privée depuis deux ans de musée consacré à la mer, Marseille veut se rattraper avec le projet porté par une société coopérative d’intérêt collectif d’un « Centre du patrimoine maritime en Méditerranée » dont l’ouverture est prévue en 2024.

Le Centre du Patrimoine Maritime de la Méditerranée sera situé entre le Mucem et la Major. © Lorraine Lebrun.
Le Centre du Patrimoine Maritime de la Méditerranée sera situé entre le Mucem et la Major.
© Lorraine Lebrun.

Marseille. Dans une tribune publiée par le journal en ligne marseillais Marsactu, datée du 18 février 2019, Jean-Noël Beverini – commissaire en chef de la Marine nationale – alertait sur la fermeture programmée du Musée maritime de Marseille, abrité dans l’une des ailes de la chambre de commerce, laissant le premier port de France sans musée consacré à la mer. « La création d’un musée maritime est attendue depuis des années et ne saurait être reportée “aux calendes grecques”, » concluait Jean-Noël Beverini. « Des solutions rapides et réalistes sont possibles. » Moins de deux ans après, l’association La Navale porte cette ambition avec son projet de Pamm (acronyme de Patrimoine maritime en Méditerranée, et référence à l’ancienne appellation de « Port autonome de Marseille »). Son objectif : ouvrir un centre d’interprétation à deux pas du Mucem (Musée des civilisations, de l’Europe et de la Méditerranée) pour 2024 et les épreuves de voile des JO. Pour ce faire, l’association spécialisée dans les savoir-faire de la restauration navale a choisi une forme juridique inhabituelle pour un projet culturel, celle de société coopérative d’intérêt collectif (SCIC). « Je suis porteur parce qu’il en faut un, explique Bruno Terrin, président de l’association, mais le projet est celui de tous ceux qui veulent s’y associer. La coopérative permet cela. » La structure de la SCIC a en effet pour particularité de pouvoir associer des collectivités, qui deviennent de fait sociétaires de l’entreprise. La Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, la Ville de Marseille et le ministère de la Mer, lequel a récemment manifesté son soutien au projet, pourront ainsi participer au Pamm, sans passer par le chemin de plus en plus incertain des subventions. « Si on a des subventions, le modèle n’est pas bon », résume Bruno Terrin, qui envisage une sous-location d’espaces à des artisans, des événements, mais aussi une pépinière d’entreprises pour assurer la stabilité financière du centre d’interprétation.

Plusieurs collections

Le lieu est trouvé : la gare maritime de la Major, dont les activités seront déplacées au cap Janet dès 2022. Au cœur du projet de « Port Center » du Grand Port maritime de Marseille, situé derrière la cathédrale marseillaise, ce grand hangar permet l’installation de deux plateaux de 3 000 m2, auxquels s’adjoignent un espace aménageable et un quai. « On veut aménager un grand village maritime, un peu à l’image de l’Arsenal des mers de Rochefort », explique Bruno Terrin. Pour les collections, La Navale dispose des siennes, actuellement exposées dans l’ancienne cantine des dockers ; de celles, très riches, de la chambre de commerce ; des archives des Compagnons du Saga (le sous-marin du commandant Cousteau), et de la collection de modèles réduits du professeur Claude Pallanca. Ces fonds formeront le substrat d’une histoire qui se veut méditerranéenne plus que marseillaise, et qui couvrira un champ s’étendant de la préhistoire aux défis futurs du changement climatique.

Bien qu’il ne vise pas l’appellation « Musée de France », le Pamm s’attelle à la rédaction d’un projet scientifique et culturel. Le document devrait mettre de l’ordre dans un projet initial qui fourmille d’idées, entre conservatoire des savoir-faire, écomusée du littoral et musée de l’histoire navale. L’enveloppe globale de ce projet ambitieux est pour l’instant chiffrée à 16 millions d’euros. Première étape dès 2021, avec le lancement d’une souscription à laquelle chacun pourra participer pour devenir sociétaire du premier musée coopératif de France.

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Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°557 du 11 décembre 2020, avec le titre suivant : Un musée « coopératif » pour le patrimoine maritime en méditerranée

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