Tapisserie de la Marche Millefleurs à la licorne

Par Bertrand Dumas · L'ŒIL

Le 23 juin 2016

La Cité internationale de la tapisserie d’Aubusson qui ouvre ses portes cet été inaugure son nouveau parcours de visite par une acquisition historique remontant aux origines de sa tradition textile.

De Chabannes
Une datation précoce corroborée par la présence du blason de la famille des De Chabannes. Il désignerait Jacques II, comte de La Palice, comme le commanditaire de la tapisserie. Nommé maréchal de France à l’avènement de François Ier, en 1515,il meurt devant Pavie en 1525.

Cité de la tapisserie

Avant l’entrée de la Millefleurs à la licorne, le Musée de la tapisserie
ne possédait qu’une seule pièce antérieure au XVIIe siècle. Elle constitue donc un enrichissement patrimonial majeur et récompense le conseil départemental de la Creuse, propriétaire de la collection, pour sa politique d’acquisitions commencée, à la naissance du musée, il y a moins de 35 ans. Aujourd’hui totalement repensée, l’institution vient d’intégrer l’ambitieuse Cité internationale de la tapisserie qui ouvre ses portes au public le 10 juillet 2016. Le projet fut créé en réponse à l’inscription des savoir-faire de la tapisserie d’Aubusson au patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’Unesco, en 2009.

1480-1510
La Millefleurs à la licorne est la plus ancienne tapisserie de la Marche (région d’Aubusson et de Felletin) qui nous soit parvenue. De style encore médiéval, elle précède les emblématiques « verdures à feuilles de chou » tissées par les mêmes ateliers après 1560.

182 500 €

La vente de la collection Jacques Servier, dispersée le 18 novembre 2015 par l’étude Fraysse et Associés (Paris, Hôtel Drouot), recelait des trésors, dont cette tapisserie de la Marche sans équivalent dans les collections nationales avant sa préemption par l’État pour le compte du Musée de la tapisserie, à Aubusson.
Le même jour, le château de Versailles jetait son dévolu sur un trésor national: le bureau d’Oppenordt commandé pour le petit cabinet de Louis XIV.

Licorne
Utilisé en héraldique, l’animal fabuleux symbolise la pureté et l’honnêteté de la famille dont il présente les armes. Le blason des De Chabannes dans une patte, un heaume orné de plumes et d’un écureuil de l’autre, la licorne, debout sur un tertre, se détache sur un fond de millefleurs parsemé de bouquets placés en quinconces.
Le tissage de laine, bien que rustique, dénote une parfaite maîtrise, comme le montre la réunion efficace de deux couleurs pour créer le volume et l’enroulement spiralé de la corne.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°692 du 1 juillet 2016, avec le titre suivant : Tapisserie de la Marche Millefleurs à la licorne

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