Tango argentin

Un nouveau musée \"latinos\" à Buenos Aires

Le Journal des Arts

Le 6 février 2008

Un nouveau musée d’art latino-américain abritant l’importante collection privée de l’économiste argentin Eduardo Costantini vient d’ouvrir ses portes à Buenos Aires. Cette inauguration est intervenue dix jours seulement après les attaques terroristes de New York et de Washington, au moment même où l’Argentine traverse une grave crise économique.

BUENOS AIRES (de notre correspondante) - Eduardo Costantini, président de Consultatio, société qui gère des fonds d’investissement en Amérique latine, est depuis dix ans un acheteur d’art particulièrement actif, remportant régulièrement les enchères lors des ventes latino-américaines organisées par Sotheby’s et Christie’s à New York. L’année dernière, il a par exemple fait l’acquisition chez Sotheby’s d’un autoportrait de Frida Kahlo datant de 1929.

Le Museo de Arte Latinoamericano de Buenos Aires (Malba) est installé dans un nouveau bâtiment conçu par les jeunes architectes argentins Gastón Atelman, Martín Fourcade et Alfredo Tapia. Situé dans un quartier huppé de la ville, sur l’Avenida Figueroa Alcorta, il a coûté 25 millions de dollars (182,8 millions de francs). Agustin Arteaga, ancien directeur du Palacio de Bellas Artes à Mexico, est le premier directeur du Malba. De son côté, Eduardo Costantini en est le président du conseil d’administration. Malgré les protestations d’un groupe de riverains, petit par le nombre mais puissant par la voix, qui s’opposait à la construction du musée, le projet d’Eduardo Costantini a été soutenu de bout en bout par les autorités locales. Lors d’un vote, le conseil municipal a même autorisé au moins deux exceptions aux codes de la construction. Il s’agit notamment de la décision de fermer la terrasse sur le toit par une structure transparente, une modification du projet original qui double l’espace d’exposition pour porter sa surface à plus de 1 500 m2 sur deux niveaux.

L’exposition inaugurale, “Art in Latin America”, est majoritairement composée d’œuvres provenant de la collection personnelle d’Eduardo Costantini. Quelque 228 pièces latino-américaines en sont issues, dont des œuvres de Roberto Matta, Frida Kahlo, Diego Rivera, Wifredo Lam (lire p. 9), Tarsila do Amaral, Joaquin Torres-Garcia, Pedro Figari, Antonio Berni, Emilio Pettoruti et Xul Solar. Cette collection est riche en œuvres d’Uruguay, du Brésil, d’Argentine et, bien évidemment, du Mexique. Par ailleurs, l’exposition comprend environ soixante œuvres prêtées par des galeries, des collections privées et plusieurs institutions.

Succédera à “Art in Latin America” “Politiques de la différence : art ibérico-américain fin de siècle”, une exposition d’art contemporain latino-américain et espagnol. Elle réunira des œuvres provenant de 26 pays, et notamment des pièces signées d’artistes latinos des États-Unis et d’Espagne. Le programme prévoit également une rétrospective “Lasar Segall”, une exposition consacrée aux peintures et aux photographies de Frida Kahlo et Diego Rivera, ainsi qu’une rétrospective du travail de Guillermo Kuitca. Le musée est doté d’une médiathèque, d’une boutique, d’un restaurant et d’un café.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°136 du 9 novembre 2001, avec le titre suivant : Tango argentin

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