Vendredi 14 décembre 2018

Archéologie

Sur les traces de Lapérouse

Par Daphné Bétard · Le Journal des Arts

Le 15 avril 2005 - 554 mots

Une ultime mission archéologique part dans les eaux du Pacifique pour percer à jour
les mystères de l’expédition royale disparue en 1788.

VANIKORO (NOUVELLE-CALÉDONIE) - En 1785, à la demande de Louis XV, le capitaine Jean-François Galaup de Lapérouse embarque en compagnie de scientifiques, officiers et marins à bord de deux frégates pour quatre années de découvertes à travers le monde. Cette expédition aussi audacieuse qu’ambitieuse, aux objectifs à la fois géographiques, scientifiques, commerciaux et politiques – il s’agit notamment de surpasser les exploits du célèbre Anglais James Cook – connaît un épilogue tragique. Après plus de deux années d’un incroyable périple, les frégates La Boussole et L’Astrolabe sombrent dans les eaux du Pacifique. En 1827, l’île de Vanikoro, située au milieu du Pacifique sud, est identifiée comme le lieu du drame. Dès lors, différentes missions archéologiques s’y succèdent afin de retrouver les traces des disparus.

Invitation au voyage
Créée en 1981 à Nouméa sous la houlette d’Alain Conan, l’association néo-calédonienne Salomon a effectué six campagnes de fouille à Vanikoro, lesquelles ont abouti en 1999 à la découverte des restes d’un campement où auraient tenté de survivre des rescapés de l’expédition. En 2005, l’association retourne sur l’île pour une ultime mission, programmée 18 avril au 15 mai. Pour l’occasion, Alain Conan a obtenu d’importants moyens, notamment la mise à disposition du Jacques Cartier, un navire de la marine nationale de 1 500 tonnes et 80 mètres de long. Les 30 scientifiques et chercheurs embarqués à bord vont tenter d’identifier la frégate qui s’est échouée dans la fausse passe du lagon. S’agit-il de la Boussole (commandée par le capitaine Lapérouse) ou de l’Astrolabe ? Comment les rescapés ont-ils survécu, dans quelles conditions ? Combien de temps sont-ils restés sur l’île ? La mise au jour en novembre 1999 des premières traces du camp des rescapés (des fragments de céramique chinoise) a été suivie, en 2003, par la découverte, dans la mer cette fois-ci, du squelette quasi complet d’un européen âgé de 35 à 45 ans, l’unique marin retrouvé de l’expédition royale. Dirigés par le Département de recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines, menés conjointement par les plongeurs de l’association Salomon et ceux de la marine nationale, les travaux de fouille en mer seront concentrés sur le tombant du récif près du site où eut lieu le naufrage. Les chercheurs rêvent d’y retrouver les écrits, travaux et collections que les savants auraient pu préserver dans ces fameuses malles d’époque scellées au plomb. Un linguiste du CNRS tentera, en outre, de comprendre les dialectes locaux de Vanikoro pour analyser d’éventuels récits de la tradition orale sur le naufrage. Parallèlement, une équipe médicale apportera des soins et traitements aux habitants de l’île, un programme qu’Alain Conan souhaiterait voir prolonger au-delà de ces séjours épisodiques. L’aventure se poursuivra enfin au Musée national de la marine avec en 2007 une grande exposition sur l’expédition Lapérouse, les différentes missions parties à sa recherche et l’invitation au voyage qu’il ne cesse de susciter aujourd’hui encore.

Pour tout renseignement, www.operationlaperouse2005.com Il est possible de suivre les pérégrinations de la mission grâce au journal de bord quotidien sur France 3, du 23 avril au 12 mai (vers 18 h 35 en semaine et 20 h 20 les vendredi et week-end), et sur France-Inter, dès le 22 avril à 13 heures en direct du Jacques Cartier.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°213 du 15 avril 2005, avec le titre suivant : Sur les traces de Lapérouse

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