Renaissance à Bucarest

Le Journal des Arts

Le 30 juin 2000

Dix ans après la révolution roumaine, les galeries européennes du Musée national d’art de Bucarest ont rouvert leurs portes permettant d’admirer à nouveau la Madone à l’Enfant de Domenico Veneziano ou le Mariage de la Vierge du Greco.

BUCAREST (de notre correspondante) - Dix années d’efforts d’une équipe roumaine soutenue par plusieurs musées internationaux et des entreprises privées ont abouti au réaménagement des galeries européennes. Plus important de Roumanie par sa taille et sa qualité, le Musée national d’art de Bucarest compte, au sein d’une collection qui illustre l’art européen de la Renaissance au début du XXe siècle, quelques chefs-d’œuvre dont Vénus et Cupidon de Lucas Cranach, Aman implorant la pitié d’Esther de Rembrandt ou L’Église de Saint-Moret de Sisley. Il abrite également la galerie nationale d’art roumain des XIXe et XXe siècles, la galerie d’art oriental, une section d’arts graphiques et un département d’art médiéval roumain constitué par un “trésor” restitué par la Russie. L’exposition d’ouverture, “Avant-après, souvenez-vous”, permet de mesurer l’ampleur des dégâts infligés aux bâtiments et à la collection lors de la chute de Ceausescu en 1989. Fondé par décret royal en 1946, le musée est installé dans l’ancien palais royal où siège également le Conseil d’État, en face du Parti communiste. Cible privilégiée des tirs, le bâtiment a été endommagé jusqu’à 80 % en certains endroits. Dans la destruction de l’atelier de restauration des peintures à l’huile, de nombreuses œuvres ont disparu et notamment un Portrait de famille de Gonzales Coques. L’auditorium et l’une des réserves de gravures et dessins ont été totalement détruits, alors que des objets d’art décoratif et plus de 270 peintures ont été sévèrement abîmés. La priorité a été donnée au réaménagement des espaces et à la mise aux normes internationales : éclairage, ventilation, contrôle thermique, sécurité et surveillance, espaces d’exposition, accès pour handicapés, boutique, catalogues, etc. Pour financer les travaux, le gouvernement roumain s’est engagé à verser 10 millions de dollars sur dix ans, auxquels se sont ajoutés des fonds de mécènes locaux et internationaux. La communauté des musées internationaux a apporté un concours technique et financier, comme le Getty Museum de Los Angeles, le Kunsthistorisches Museum de Vienne, le Musée du Louvre, la National Gallery de Londres, le Rijksmuseum d’Amsterdam et le Musée Thyssen-Bornemisza de Madrid. Cependant le matériel nécessaire à la restauration de 2 500 peintures et sculptures, n’est toujours pas financé.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°108 du 30 juin 2000, avec le titre suivant : Renaissance à Bucarest

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