New York : les nouvelles échéances du MoMA

Agrandissement et réorganisation interne du Musée d’art moderne

Par Le Journal des Arts · Le Journal des Arts

Le 21 octobre 2009

Le Museum of Modern Art de New York (MoMA) se lance dans un projet d’extension et vient de rendre publique une première liste de dix architectes retenus pour un concours (lire le JdA n° 34, mars). À cette occasion, Glenn D. Lowry, à la tête de l’institution depuis 1994, nous présente son programme muséographique ainsi que l’orientation générale qu’il entend donner au musée.

NEW YORK - Le MoMA faisait face à l’une des crises les plus importantes de son histoire lorsque Glenn D. Lowry a pris ses fonctions de directeur en 1994. L’institution, très à l’étroit, cherchait les fonds nécessaires à son expansion, et le conseil d’administration négociait déjà le rachat de propriétés adjacentes dans le but de doubler ses espaces. Le successeur de Richard Olden­burg, qui fut directeur du musée pendant vingt et un ans, devait être capable diriger un projet de construction et réunir les fonds nécessaires, tout en gérant harmonieusement une équipe de 580 personnes, qui compte des conservateurs très indépendants. Le poste demandait de très vastes compétences, à tel point que les administrateurs avaient envisagé d’engager un président salarié, responsable de la recherche des capitaux et de la gestion financière, la tâche de conservateur principal incombant, dans ce cas, au directeur. Glenn Lowry dirigeait à l’époque l’Art Gallery of Ontario, à Toronto, où il avait réussi à réunir 58 millions de dollars (environ 331 millions de francs) pour la construction d’une annexe de 9 300 m2. Si ses compétences administratives n’étaient pas mises en cause, l’arrivée de cet ancien diplômé de Harvard en a pourtant surpris plus d’un. Il est en effet spécialiste de l’art islamique, et non de l’art moderne.

Mais cette apparente inadéquation semble plutôt avoir joué en sa faveur. Kirk Varnedoe, chef du département Peinture et Sculp­ture, John Elderfield, directeur délégué à la Conservation, et les autres dirigeants du MoMA ont accueilli chaleureusement leur nouveau directeur, soulagés de trouver en lui un vrai gestionnaire et non un conservateur frustré. Insensiblement, Glenn Lowry apporte au musée un nouveau style de management, plus démocratique. Peu avant son arrivée, les six départements étaient, selon l’un des conservateurs, "balkanisés". "Maintenant, explique John Elderfield, le dialogue est plus facile. Nous ne sommes plus six musées réunis dans un même lieu". Cette approche, plus globale, se traduit par des réunions plus fréquentes, même si le directeur reste seul responsable de la gestion au quotidien. Le projet majeur de Glenn Lowry reste l’extension du MoMA et la collecte des fonds nécessaires. Le prochain bâtiment permettra d’exposer un éventail plus large de ses collections, mais aussi de disposer d’une bibliothèque, d’archives et de réserves plus vastes. Le directeur aura pour tâche de rendre l’institution plus "moderne". Selon Gertrude Stein, "un musée n’a que deux possibilités : être moderne ou rester un musée". Glenn Lowry devra prouver le contraire.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°35 du 4 avril 1997, avec le titre suivant : New York : les nouvelles échéances du MoMA

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