Vendredi 22 novembre 2019

Archéologie

Les menhirs de Stonehenge auraient été extraits à proximité du site

Par Alexandra Houël · lejournaldesarts.fr

Le 27 novembre 2013 - 492 mots

AMESBURY (ROYAUME-UNI) [27.11.13] – Des chercheurs britanniques sont sur le point de publier les résultats de leurs travaux sur Stonehenge, qui démontreraient que des générations d’archéologues se sont fourvoyés sur l’origine des menhirs de pierres bleues qu’on croit depuis près d’un siècle provenir d’une région éloignée de plus de 250 km du site. Ils auraient été en réalité extraits d’un site localisé à 1,6 km de Stonehenge.

C’est l’une des plus grandes interrogations relatives à Stonehenge qui aurait trouvé réponse avec l’annonce des résultats des recherches menées par une équipe de scientifiques britanniques, rapporte The Guardian. Selon ces travaux, les menhirs de pierre bleue qui font la notoriété du site et qui en ont forgé en partie le mystère auraient été tout simplement prélevés d’un site à moins de 2 km de l’endroit où ils sont érigés.

Il était acquis depuis 1923, grâce aux travaux du géologue Herbert Henry Thomas, que les menhirs de pierre bleus qui formaient un double cercle concentrique au cœur du site avaient été extraits de Carn Menyn dans le Pembrokeshire. La distance séparant Stonehenge du site supposé de prélèvement étant supérieure à 250 km, la question de savoir comment ces menhirs (de 2 à 4 tonnes) avaient pu être transportés avait donné du fil à retordre à la communauté scientifique, et avait contribué à alimenter le mythe de Stonehenge.

Diverses hypothèses avaient été avancées pour expliquer ce mystère : les rocs auraient pu être charriés naturellement pendant une période de glaciation, des montagnes Preseli jusque dans le Wiltshire, ou bien ils auraient pu être déplacés par les hommes par voie maritime ou fluviale.

L’équipe de recherche, composée du Docteur Richard Bevins du Musée national du Pays de Galle, du Docteur Rob Ixer de l’Institut d’Archéologie de University College London, et du Professeur Nick Pearce d’Aberystwyth University, simplifie aujourd’hui drastiquement l’explication. Elle affirme, grâce aux tests géochimiques menés, que ces menhirs ont été prélevés à Carn Goedog, à seulement 1,6 km de l’endroit où ils ont été érigés. Ils publieront leurs observations et résultats dans The Journal of Archaeological Science.

Conscient que cette information fera grincer les dents des nombreux archéologues qui ont focalisé leurs recherches sur le site de Carn Menyn dans les montagnes Preseli, Richard Bevins a indiqué qu’il ne s’attendait pas à « recevoir des cartes de vœux de la part de ces archéologues qui ont fouillé au mauvais endroit pendant toutes ces années », dans le but de découvrir la trace d’une carrière.

« Presque tout ce que nous croyions à propos de ces pierres bleues il y a dix ans a été prouvé comme partiellement ou totalement incorrect » a ajouté le Docteur Rob Ixer.

Erigés aux alentours de 2 500 av. J.-C. ces menhirs de pierre bleue étaient au nombre de 80 dans leur arrangement original, mais seules 43 sont parvenues jusqu’à nous. Leur couleur, due à la nature volcanique de la roche, était perçue comme un signe de ses vertus curatives.

Légende photo

Les pierres de Stonehenge - © Photo visitingeu - 2008 - Licence CC BY-SA 2.0

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