Mercredi 20 février 2019

À l’eau Vermeer ?

L’Atelier du peintre doit être restauré d’urgence

Par Martin Bailey · Le Journal des Arts

Le 1 mai 1996 - 302 mots

L’une des œuvres les plus célèbres de Vermeer, L’atelier du peintre, n’est plus exposée au Kunst­historisches Museum de Vienne en raison d’un état de conservation qui nécessite des soins urgents. Ce tableau figure parmi les grands absents de la rétrospective Vermeer actuellement au Mauritshuis de La Haye, que la Royal Academy de Londres souhaite maintenant accueillir à l’automne.

VIENNE - Après avoir constaté que sa couche picturale s’écaillait, le Kunsthistorisches Museum a décidé d’ôter L’atelier du peintre  de ses cimaises pour le restaurer sans délai. Déjà, à l’époque où les organisateurs de la rétrospective Vermeer espéraient encore pouvoir l’emprunter, un examen détaillé avait souligné la fragilité de la toile et l’impossibilité de son transport.

Des pigments solubles dans l’eau
Une étude plus approfondie a révélé que l’artiste avait utilisé, en plus de la peinture à l’huile, des pigments solubles dans l’eau qui pourraient être à l’origine de sa détérioration. "Le tableau est fondamentalement en bon état, mais nous essayons de trouver un moyen de stabiliser la couche picturale pour empêcher qu’elle ne s’écaille", a déclaré Karl Schütz, directeur de la galerie de Peinture du Kunsthistorisches Museum. Il semble peu probable que cette œuvre, l’une des plus populaires du musée, soit à nouveau exposée avant l’année prochaine.

De son côté, le Mauritshuis de La Haye envisage de prolonger la rétrospective Vermeer (elle doit en principe s’achever le 2 juin) en raison de son très vif succès… qui a d’ailleurs incité la Royal Academy de Londres à engager des pourparlers pour tenter d’accueillir à son tour l’exposition. La grande exposition sur l’art du XXe siècle ayant été reportée d’un an (lire p. 14), elle dispose de la moitié de ses salles cet automne. Mais alors que les négociations se poursuivaient début avril, les propriétaires des tableaux de Vermeer semblaient peu disposés à donner leur consentement.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°25 du 1 mai 1996, avec le titre suivant : À l’eau Vermeer ?

Tous les articles dans Patrimoine

Le Journal des Arts.fr

Inscription newsletter

Recevez quotidiennement l'essentiel de l'actualité de l'art et de son marché.

En kiosque