Musée

La Cour des comptes pointe le temps de travail à Paris Musées

Par Jean-Christophe Castelain · Le Journal des Arts

Le 29 avril 2021 - 531 mots

PARIS

Les agents de l’établissement public ne seraient pas assez présents sur leur lieu de travail.

Atelier d'Antoine Bourdelle au musée Bourdelle. © Jean-Pierre Dalbéra, 2009, CC BY 2.0
Atelier d'Antoine Bourdelle au musée Bourdelle.

Paris. Dans un rapport globalement positif sur le fonctionnement entre 2014 et 2019, de l’établissement public, qui gère les musées de la Ville de Paris, la Cour des comptes note cependant des « marges d’amélioration », selon le vocabulaire à la mode pour désigner des faiblesses et insuffisances.

Parmi « ces marges d’amélioration », les magistrats relèvent que le temps de travail des agents est inférieur aux dispositions légales. En effet, aux 25 jours de congé annuel s’ajoutent 7 jours accordés par la Ville, soit 32 jours, « en deçà des obligations légales et réglementaires ». La Cour estime que le coût des congés supplémentaires est de 1,45 million d’euros, soit environ 31 personnes qui pourraient être embauchées en plus, si les obligations étaient respectées.

Outre un enjeu d’équité, sont pointées les conséquences de ce temps de travail réduit sur les horaires d’ouverture et les fermetures de salles. Une bonne partie des 1 007 (chiffres de 2018, calculés en Équivalent Temps Plein) agents de Paris Musées, sont en effet des agents d’accueil et de surveillance. La Cour relève cependant que depuis 2019, les musées sont ouverts les jours fériés (8 mai, 15 août, 1er et 11 novembre), ce qui n’était pas le cas auparavant.

La Cour s’est également intéressée aux taux d’absentéisme. Relevant qu’avant 2013, ce taux était élevé (on aurait d’ailleurs aimé qu’elle fasse une comparaison avec celui des musées nationaux et celui des actifs privés ou publics en général), elle questionne le changement de comptabilisation qui ne permet pas de suivre l’évolution. Selon l’ancienne méthode, le taux qui était de 7,91 % en 2014, serait passé par des hauts (8,56 % en 2018) et des bas (6,89 % en 2019). La nouvelle méthode de l’établissement public, qu’elle conteste, ramène ce taux à 5,06 % en 2014 et 4,41 % en 2019.

Le taux d’absentéisme (nouvelle méthode) varie d’un musée à l’autre. En 2019, il est plus bas que la moyenne au Musée d’art moderne (2,63 %), légèrement supérieur à la moyenne au Petit Palais (5,29 %) mais bondit à 12,91 % au Musée Bourdelle.

Paris Musées indique que le rajeunissement en cours des agents et un meilleur suivi devraient permettre de diminuer l’absentéisme. Rappelons que l’audit est antérieur aux divers confinements consécutifs à la crise sanitaire.

Une reconnaissance du travail positif de Delphine Lévy  


Audit. Rendant un hommage indirect à l’ex-directrice générale de Paris Musées, Delphine Lévy, disparue prématurément dans un accident en juillet 2020, les magistrats reconnaissent dans leur rapport de nombreuses réalisations positives. Il est vrai que Delphine Lévy, énarque comme eux, avait mis en place toute une série de tableaux chiffrés avec des objectifs et les moyens pour les atteindre, de nature à les mettre en confiance (sauf pour les rapports d’orientation). Ils saluent ainsi la hausse de la fréquentation, l’ambitieux programme de rénovation, la qualité des expositions, le haut taux de récolement, le travail de post-récolement. Ils appellent maintenant la tutelle (la Ville) à terminer et mettre en œuvre sa réflexion en cours sur la gratuité d’entrée dans les collections permanentes, dans le sens d’une limitation de celle-ci, croit-on lire entre les lignes.

Cet article a été publié le 28 avril 2021 à 17h

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Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°566 du 30 avril 2021, avec le titre suivant : La Cour des comptes pointe le temps de travail à Paris Musées

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