La Belgique et les arts premiers, une longue histoire...

Par Marie Potard · L'ŒIL

Le 22 janvier 2015 - 469 mots

De par son passé colonial et les liens toujours existants avec le Congo, la Belgique est considérée comme l’une des places fortes des arts premiers.

A la fin des années 1870, le roi Léopold II de Belgique, qui souhaite faire rayonner son pays, s’attache les services d’Henry Morton Stanley, voyageur britannique (1841-1904). Au nom du souverain, Stanley va acquérir, cinq années durant, des terres au Congo. « État indépendant du Congo », la zone contrôlée devient de 1908 au 30 juin 1960, lorsque le pays devient indépendant, le « Congo belge ». Ceci explique pourquoi, très tôt, de nombreux objets provenant du Congo sont importés en Belgique. Sur l’initiative de Léopold II, un musée est même créé en 1897 à Tervuren (Musée royal de l’Afrique centrale). Dès 1905, à Anvers, les frères Claes ouvrent même la première galerie d’art africain de Belgique. Au fil des années, les collections de Tervuren et les collections privées belges vont donc s’enrichir grâce aux envois successifs d’objets par des militaires, missionnaires, administrateurs coloniaux, commerçants et scientifiques. D’abord uniquement en provenance du Congo, les collections vont se diversifier après 1960 pour s’ouvrir à l’Afrique de l’Ouest, à l’Océanie, etc. Cependant, « si le collectionneur est plus éclectique qu’il y a vingt ans, le Congo reste prédominant. Sur dix objets qu’affectionnent mes collectionneurs, sept viennent du Congo », note le marchand Didier Claes.

Des noms mythiques jalonnent cette rencontre entre Belgique et arts premiers, tels Albert Maesen, qui fut conservateur au musée royal de Tervuren, et les collectionneurs Baudoin de Grunne, Willy Mestach, le comte Jean-Jacques de Launoit ou la famille Van der Straeten. Quelques expositions ont également marqué les esprits. Parmi elles, « Kongo Kunt » à Anvers en 1937, le Pavillon du Congo à l’Exposition universelle de 1958, « Utotombo » en 1988 et « Mains de maîtres » en 2001. Aujourd’hui, les trois événements principaux consacrés aux arts premiers en Belgique se déroulent à Bruxelles : Bruneaf (Brussels Non European Art Fair) en juin (depuis 1983) et Winter Bruneaf en janvier (2011), dans le quartier du Sablon, tous deux initiés par Pierre Loos (Galerie Ambre Congo). Brafa est aussi une foire importante pour cette discipline puisqu’elle rassemble pas moins de dix marchands d’art tribal. Ces événements sont alors l’occasion de retrouver Pierre Loos et Didier Claes déjà cités, mais aussi Bernard de Grunne, Patrick et Ondine Mestdagh, Joaquin Pecci, Adrian Schlag ou Serge Schoffel, tous des marchands belges de renommée internationale.

Le Musée de Tervuren

Situé à Tervuren, à une quinzaine de kilomètres de Bruxelles, en région flamande, le Musée royal de l’Afrique centrale abrite des collections uniques au monde dont une partie infime seulement est exposée (1 %). Actuellement en rénovation jusqu’en 2017, l’établissement conserve, entre autres, plus de dix millions d’échantillons d’animaux, 180 000 objets ethnographiques et 4 000 objets d’art.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°676 du 1 février 2015, avec le titre suivant : La Belgique et les arts premiers, une longue histoire...

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