Mercredi 19 février 2020

Archéologie

Israël sauve d'un sort incertain un très rare sarcophage romain

Par LeJournaldesArts.fr (avec AFP) · lejournaldesarts.fr

Le 4 septembre 2015 - 426 mots

BET SHEMESH (ISRAËL) [03.09.15] - Les services d'archéologie israéliens viennent de sauver un rare et imposant sarcophage de l'époque romaine que des ouvriers avaient mis au jour et caché sur un chantier à Ashkelon (ouest), ont-ils indiqué jeudi.

Ce sarcophage en pierre calcaire vieux semble-t-il de 1.800 ans a été gravement endommagé par des travaux de chantier et lors de son déplacement à l'aide d'un engin de terrassement.

Les coups portés par les engins mécaniques ont fait sauter une partie des sculptures du sarcophage pesant deux tonnes et mesurant 2,5 m. Mais une bonne partie de l'ornementation, gerbes, têtes de taureau, Cupidons nus, et une tête de Méduse - divinité à la chevelure entrelacée de serpents censée protéger les défunts - reste visible sur toutes les faces.

Sur le couvercle est sculpté grandeur nature un homme apparemment jeune reposant sur son bras gauche, revêtu d'une chemise brodée et d'une tunique. Ses yeux devaient être incrustés de pierres précieuses.

Le sarcophage a échappé à un sort très incertain, selon les autorités. Il a été exhumé la semaine passée sur le chantier d'un quartier de villas, ont dit les ouvriers aux policiers. Les entrepreneurs ont décidé de cacher la découverte aux autorités. Les services archéologiques n'ont pas dit pourquoi.

En Israël, tout entrepreneur s'expose à voir son chantier arrêté en cas de semblable découverte. Israël est également confronté au trafic d'antiquités.

Le sarcophage a été dissimulé sous des tas de tôles et de planches. Les entrepreneurs ont fait couler une dalle de béton sur les lieux de la découverte pour faire disparaître les traces d'un site archéologique.

Mais un renseignement a mis sur la piste une unité des services archéologiques spécialisée dans la lutte contre le pillage. Ses agents et les policiers sont intervenus dans la nuit de mercredi à jeudi.

Deux entrepreneurs responsables du chantier ont été arrêtés. Ils risquent jusqu'à cinq ans de prison. Ils ne pouvaient ignorer la conduite à tenir, ont dit les autorités archéologiques dans un communiqué.

Celles-ci avaient accepté la construction des villas à condition que les entrepreneurs signalent toute découverte.

Les dommages subis par le sarcophage sont "irréparables", ont-elles dit. Mais il reste une pièce "unique" par l'abondance de son décor et la représentation humaine, a dit à l'AFP Gabi Mazor, un expert de la période.

Ashkélon, sur la Méditerranée, était à l'époque une cité cosmopolite habitée par les Romains, les juifs et les samaritains. Les motifs renvoyant à la mythologie gréco-romaine laissent peu de doute sur le fait que le défunt était romain, sans doute membre d'une famille très riche.

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