Eglise

Cathédrale Notre-Dame de Paris

Deux ans après, Macron sur le toit éventré de Notre-Dame 

Par LeJournaldesArts.fr (avec AFP) · lejournaldesarts.fr

Le 16 avril 2021 - 620 mots

PARIS

« Un immense travail accompli ». Deux ans jour pour jour après l'incendie de Notre-Dame, Emmanuel Macron s'est rendu jeudi sur le toit éventré de la cathédrale pour encourager les experts mobilisés dans ce chantier titanesque et une course contre la montre pour être rendue au culte le 16 avril 2024.

Emmanuel Macron, Anne Hidalgo et l'architecte Philippe Villeneuve sur le toit de la Cathédrale Notre-Dame de Paris, le 15 avril 2021. © Ian Langsdon / AFP
Emmanuel Macron, Anne Hidalgo et l'architecte Philippe Villeneuve sur le toit de la Cathédrale Notre-Dame de Paris, le 15 avril 2021.
© Ian Langsdon / AFP

De 47 m de hauteur, sous un ciel bleu parsemé de nuages, le président contemple le trou béant au milieu de la splendeur gothique, résultat de l'effondrement de la flèche sous l'action des flammes, le 15 avril 2019. Il loue « l'immense travail accompli » en deux ans et la « fierté collective » de voir la « Grande Dame » reprendre corps, mais insiste-t-il : « il va falloir tenir nos objectifs ».

Casque blanc sur la tête, combinaison grise et masque noir, c'est la première fois que le chef de l'Etat, accompagné de la maire de Paris Anne Hidalgo, revient officiellement sur les lieux depuis que la toiture et la flèche sont parties en fumée. Mais cette fois, il a pu observer au plus près l'ampleur de la tâche, à laquelle 35 entreprises sont dévolues, pour tenir l'objectif de 2024.

L'échafaudage préexistant déformé par l'incendie a été enlevé à l'automne et une plateforme installée autour du toit du transept éventré.

Acheminés par un ascenseur, entre 80 et 200 charpentiers, échafaudeurs, cordistes, suivant les tâches à effectuer, se hissent chaque jour sur le célèbre monument.

Pierres instables

En ce moment, ils sont 130, dirigés par une vingtaine d'architectes, à s'atteler avec prudence. « Il y a des endroits très fragiles, comme là où la flèche s'est fracassée et a fracassé la voûte », explique l'architecte en chef Philippe Villeneuve.

De la plateforme, des cordistes s'élancent en rappel pour maçonner les pierres instables des voûtes du chœur. Une phase de sécurisation indispensable « pour éviter que les échafaudeurs ne prennent des risques lorsqu'ils vont démonter ces bouts de voûte », explique M. Villeneuve.

C'est là même que s'érigera la nouvelle flèche, reconstruite à l'identique de celle ajoutée par Viollet-le-Duc au XIXe siècle. Dès 2024 ? « Tous les matins, je me lève dans cet objectif-là », veut croire M. Villeneuve, son successeur. « Viollet-le-Duc l'a montée rapidement. Il n'y a pas de raison qu'avec nos moyens modernes, on n'y arrive pas. »

Après être redescendu du toit et passé par le chœur, Emmanuel Macron, son représentant spécial pour la reconstruction, le général Jean-Louis Georgelin et Anne Hidalgo ont repris un ascenseur pour arriver sous les voûtes.

A la croisée des transepts, l'un des charpentiers à l'œuvre sur les voûtes temporaires formule un vœu. « J'espère que ce sera, comme le veut la tradition, le plus jeune ouvrier de la société qui posera le coq » sur la flèche de la cathédrale.

2024, objectif maintenu

« Nous tiendrons le délai » de rendre Notre-Dame au culte et à la visite en 2024, a affirmé plus tôt sur France Inter le général Georgelin, « ce qui ne veut pas dire que tout sera terminé ». La restauration de certaines chapelles sera « peut-être » encore en cours « et, bien sûr à l'extérieur il y aura des travaux », a-t-il prévenu.

Quelque 833 millions d'euros ont été recueillis pour cette restauration grâce à une collecte nationale et internationale qui a rassemblé 340 000 donateurs.

Si Mme Hidalgo, qui s'est dite « optimiste » sur les délais, et M. Macron mettent de côté leurs différends quand il s'agit de Notre-Dame, deux adversaires politiques, les leaders du Rassemblement national, Marine Le Pen, et de Debout la France!, Nicolas Dupont-Aignan, ont demandé sur Twitter: « Où en est l'enquête ? »

Deux ans après, les enquêteurs ont terminé leurs investigations dans les décombres, mais une longue phase d'analyse des prélèvements doit encore s'étendre sur plusieurs mois pour essayer de déterminer l'origine du sinistre.

Par Laurence Benhamou et Jérôme Rivet

Cet article a été publié par l'AFP le 15 avril 2021.

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