Dimanche 25 février 2018

Corée et culture, la résurrection du dragon

Par Lina Mistretta · L'ŒIL

Le 21 avril 2009

Pali, pali… L’expression coréenne « vite, plus vite » illustre la rapidité avec laquelle le pays a sû se moderniser, tant sur le plan économique que culturel, sans pour autant balayer son passé.

Le petit dragon qui veut jouer dans la cour des grands est passé, en quelques décennies, de pays du tiers-monde au rang de puissance industrielle. Son développement économique va de pair avec un fort développement culturel.
Longtemps dévastée par les guerres et les invasions, isolée du monde extérieur, la culture coréenne a joué le rôle de ciment national qui a permis au pays de surmonter les terribles épreuves qui auraient dû l’abattre. Le pays a ainsi su évoluer en préservant son héritage culturel et n’hésite pas à l’utiliser aujourd’hui comme instrument pour peser sur la scène internationale.
Les mots pali, pali qui signifient « vite, plus vite » sont les plus employés dans le langage coréen. La modernisation s’est faite ainsi, de manière rapide et radicale : en quelques années, salles de concert, théâtres, musées, centres d’art et galeries se sont multipliés.
Autour de la seule Seoul National University, on ne compte pas moins d’une quarantaine de théâtres, aux programmations de qualité. Qu’ils soient publics ou constitués en fondation, les musées sont nombreux et recèlent d’extraordinaires collections d’art asiatique et occidental. Témoignage de l’importance de l’art dans le développement de l’individu : les universités disposent aussi de leur propre musée.
Ainsi, la Korea University, dont le musée a été inauguré en 2005, possède une collection d’art exceptionnelle. Les arts traditionnels, la danse et la musique, ont une place prépondérante et de nombreux spectacles se déroulent en permanence à Séoul et dans les grandes villes. L’expression contemporaine est tout aussi dynamique.

Séoul, capitale du design en 2010
La grande tradition architecturale qui fascine notre regard quand on visite les palais, les temples et les maisons traditionnelles a connu une éclipse pendant la période de croissance fulgurante des années 1980. Les barres de béton présentes ici ou là en sont le triste témoignage.
Mais les Jeux olympiques de Séoul de 1988, avec ses ambitieux plans urbains, ont ouvert la voie à une nouvelle génération d’architectes aujourd’hui reconnus. Et les projets d’envergure continuent de plus belle avec celui, notamment, en cours de réalisation dans le sud du pays à Gwangju et qui doit voir le jour en 2010. Il porte sur la création d’un complexe culturel de 85 hectares où seront créés des laboratoires de projets artistiques en liaison avec la biennale d’art contemporain de Gwangju, une des plus anciennes et prestigieuses biennales. 2010 est aussi l’année durant laquelle Séoul sera la capitale du design.
La Corée du Sud est le dernier pays d’Extrême-Orient à s’être ouvert au tourisme et à avoir développé ses contacts avec l’Occident, mais elle rattrape son retard. Vite, très vite ! C’est actuellement le pays le plus connecté au monde…

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°613 du 1 mai 2009, avec le titre suivant : Corée et culture, la résurrection du dragon

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