Vendredi 20 septembre 2019

Musée

Rénovation

Bordeaux raconté

Par Margot Boutges · Le Journal des Arts

Le 22 avril 2014 - 469 mots

BORDEAUX

Le Musée d’Aquitaine inaugure ses salles 1800-1939 dédiées au port de la cité dans un parcours repensé.

BORDEAUX - Le Musée d’Aquitaine poursuit la refonte muséographique de ses espaces permanents du premier étage. Après l’ouverture en 2009 de salles consacrées à la traite des Noirs au XVIIIe siècle (voir JdA n° 304), l’institution se penche sur le XIXe et le XXe siècles. Sur les cimaises, les murs rouges de la Révolution française – où se sont illustrés les Girondins chassés sous la Terreur – laissent place à l’indigo de la mer.  Commence le parcours de 600 m2 « Bordeaux port(e) du monde 1800-1939 »  qui dresse un portrait de la ville à la lumière des relations maritimes entretenues avec l’international. Après une période d’immobilisme résultant des restrictions commerciales imposées par l’Angleterre et la perte de Saint-Domingue pour la France en 1804, le port de Bordeaux va connaître un essor progressif à partir des années 1820 et redevenir le moteur de l’économie de la ville. Les aménagements se multiplient et la navigation s’accroît.

Après avoir exploré le port à l’aide de marines ou de maquettes, le parcours thématique évolue vers l’intérieur de la ville. Les rues de Bordeaux sont notamment marquées par le négoce avec les colonies, qui se développe dans la deuxième moitié du XIXe siècle. Les expositions universelles d’envergure nationale s’installent sur la place des Quinconces et les industries alimentaires basées sur les denrées d’ailleurs ou de l’arrière-pays s’implantent à Bordeaux. Loin d’être minimaliste, la muséographie – jalonnée d’objets récemment restaurés – prend souvent le parti pris pédagogique de l’immersion dans des ambiances dédiées.

Reconstitution du  patrimoine bordelais
Ainsi le visiteur peut-il arpenter une reconstitution d’épicerie XIX-XXe siècle, évoluant au milieu d’un amoncellement de boîtes de conserve, bouteilles d’alcool ou flacons d’huile frappés de marques typiquement bordelaises. Une sélection d’objets évoquant l’art des pays colonisés (masques kanaks, coffres mauritaniens… ramenés dans les bagages des marins ou des négociants) prend pour décor une longue Frise de personnages évoquant l’Asie, l’Afrique du Nord et l’Afrique Noire, réalisée par un graveur bordelais, empreinte d’exotisme ultramarin (Robert Cami, 1937). Des cartels – en préparation – manquent encore à l’appel pour situer ces objets que l’accrochage est venu rassembler. Le sentiment d’une présentation légèrement inachevée explose dans la suite du parcours, constitué de salles presque vides. Celles-ci, après avoir reçu quelques travaux il y a un an, doivent accueillir une présentation consacrée aux guerres mondiales et au XXe-XXIe siècle. « Nous espérons réaliser ce parcours pour 2016. Nous allons négocier les budgets avec la municipalité », explique le directeur François Hubert. Quant au rez-de-chaussée, jalonné de chefs-d’œuvre de la préhistoire au XVIIe siècle, il n’a été rénové qu’au compte-gouttes depuis 1993. Moquettes défraîchies et murs gris font triste mine face à la scénographie flamboyante et les dispositifs multimédias très aboutis du premier étage.

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Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°412 du 25 avril 2014, avec le titre suivant : Bordeaux raconté

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