Alexandrie : troisième campagne de fouilles

Les archéologues poursuivent l’exploration sous-marine du Pharos

Le Journal des Arts

Le 30 décembre 2009

La troisième campagne de fouil­les sur le site du phare d’Alexandrie, conduite par l’équipe d’archélogues du Centre d’études alexandrines dirigée par Jean-Yves Empereur, a été engagée début d’avril et se prolongera jusqu’en juin.

PARIS - Dès les premières jours d’avril a été lancée, sur le site du phare d’Alexandrie, la troisième campagne de fouilles. Les archéologues envisagent cette année, avec l’accord des autorités égyptiennes, de déplacer le mur de béton construit sur le site antique pour protéger le fort de Quaitbay des courants marins. L’équipe dirigée par Jean-Yves Empereur reprendra les fouilles sous les blocs. Elle espère retrouver les bases et les pieds des deux grandes statues ptolémaïques et poursuivre son travail de cartographie des blocs antiques, des colonnes et des éléments architecturaux. Le lundi 8 avril, lors de la visite officielle en Égypte de Jacques Chirac, la tête d’un Ptolémée, appartenant à l’une des deux statues gigantesques qui gardaient l’entrée du Phare antique, a été remontée.
 
Lors de la fouille de sauvetage menée en 1995, l’objectif était avant tout de dresser un relevé général du site avant sa destruction. Les archéologues ont découvert par huit mètres de fond, sur plusieurs épaisseurs, un immense gisement de témoignages pharaoniques. En octobre 1995, les opérations de levage ont permis de sortir des statues et un grand sphinx, les blocs remontés à l’aide de ballons gonflés à l’air comprimé et déposés dans la cour du fort de Quaitbay. L’équipe a utilisé les mêmes méthodes que pour des fouilles terrestres et répertorié près de deux mille monolithes, souvent soudés par la mer, sur plus de deux hectares.

Un second film
Cet hiver, le déchiffrement des inscriptions sur les vestiges, qu’avaient commencé les épigraphistes lors des plongées, s’est poursuivi. L’examen des statues a montré que le corps des divinités est grec, mais que la tête est égyptienne. Les fouilles sous-marines et celles menées à terre par l’équipe d’archéologues du Centre d’études alexandrines établissent que se côtoyaient, à Alexandrie, des temples de style grec et de style pharaonique. Cette année encore, des moyens considérables sont mis à la disposition de l’équipe de Jean-Yves Empereur. La campagne est financée par la Fondation Elf Aquitaine, Sygma, Leica et la société Gédéon, productrice du film La Septième merveille du monde, réalisé par le Britannique Andrew Snell et Thierry Ragobert. Un nouveau partenaire, Électricité de France, qui a déjà participé aux fouilles sur le site égyptien d’Aboukir, se joint au projet. L’effort financier est comparable à celui de 1995, le budget total des deux campagnes se montant 4 millions de francs, dont un quart apporté par la Fondation Elf.

La nouvelle campagne – qui permettra peut-être de retrouver la célèbre inscription de Sostrate : "Sostrate, Cnidien, fils de Dexiphane dédie cet édifice aux dieux sauveurs" – fera l’objet d’un second film.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°25 du 1 mai 1996, avec le titre suivant : Alexandrie : troisième campagne de fouilles

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