Vendredi 16 novembre 2018

Vers la décentralisation culturelle

L'ŒIL

Le 1 juillet 2003 - 431 mots

Les vingt ans des FRAC nous donnent l’occasion, dans ce numéro double d’été, de proposer un état des lieux d’une certaine création contemporaine en France. Cet anniversaire est fêté, durant toute l’année, au travers d’expositions organisées partout en France mais dont le point d’orgue est l’ensemble de quatre manifestations regroupées sous l’intitulé « Trésors publics » et présentées cet été à Nantes, Strasbourg, Avignon et Arles (cf. p. 86, pp. 100-101, pp. 113-114). Ce numéro, placé sous le signe du contemporain, de la découverte, de la mobilité, aidera, nous l’espérons, à découvrir la vitalité de l’art d’aujourd’hui en France mais aussi en Europe.
Outre cet anniversaire, les FRAC apparaissent aujourd’hui comme emblématiques d’une future topographie culturelle de la France. En effet, par leur autonomie, la diversité de leurs collections et l’implication des municipalités et des régions dans leur fonctionnement, leur politique d’acquisitions et leur rayonnement, ils semblent s’accorder pleinement avec la volonté de décentralisation réaffirmée par Jean-Jacques Aillagon dans ses communications récentes (celle du 26 mai et celle du 4 juin). Le ministre a en effet proposé de nombreux aménagements, transferts de compétences, déconcentration des moyens, aussi bien dans le champ du patrimoine que dans celui du fonctionnement des musées nationaux. Concernant le patrimoine, l’État conservera ses prérogatives régaliennes en matière de Classement et d’Inscription mais déléguera l’Inventaire aux Régions ; des transferts de propriété de certains monuments au profit des collectivités territoriales sont également à l’ordre du jour et pourraient concerner une centaine de monuments sur les quatre cents que possède l’État. Le patrimoine non protégé étant, quant à lui, confié aux départements et aux communes. À terme, ces mesures impliqueront une réorganisation de la délégation au Développement et à l’Action territoriale (DDAT), de l’Administration générale, mais aussi une réflexion nouvelle sur les compétences et les moyens des DRAC.
Quant aux musées, après les changements de statut de Versailles et du Louvre, devenus des établissements publics comme l’est, depuis sa création, le Centre Pompidou, c’est au tour d’Orsay et du musée Guimet de prendre prochainement leur autonomie. D’autres musées nationaux suivront sur cette voie, sortant ainsi du giron de la direction des Musées de France, et cela dans le but d’accroître « l’autonomie des grands musées pour en faire des vecteurs actifs et responsables de la politique culturelle ». C’est donc, à terme, une nouvelle géographie administrative, et une plus grande autonomie des musées qui se dessinent. On peut craindre quelques difficultés financières, une modification, peut-être regrettable, des mécanismes d’acquisition d’œuvres, on peut aussi espérer plus de souplesse, de diversité dans les choix et de réactivité des équipes des musées.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°549 du 1 juillet 2003, avec le titre suivant : Vers la décentralisation culturelle

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