Mercredi 19 janvier 2022

Éditorial

Un premier budget souvent déterminant

Par Jean-Christophe Castelain · Le Journal des Arts

Le 5 octobre 2017 - 419 mots

 Budget. La réception du premier budget d’un quinquennat donne souvent le « la » des cinq années suivantes. La présentation du budget 2008 de Nicolas Sarkozy avait été précédée par la publication de sa lettre de mission à Christine Albanel, dont on avait stigmatisé le ton directif et la culture de l’efficacité. Le budget de la Mission Culture avait augmenté de 3 %, un taux dont beaucoup se contenteraient, mais qui avait pâti de la mauvaise image du président de l’époque dans le monde de la culture qui lui avait fait la guerre pendant cinq ans. Le budget 2013 de la Mission Culture de François Hollande, très attendu car le candidat PS avait annoncé une « sacralisation » des moyens, avait franchement déçu, car le nouveau président s’était empressé de faire l’inverse avec une baisse de 3,3 % qui a contribué à plomber ses relations avec le milieu. Même la hausse de 2017 n’avait pas changé l’impression générale.

Emmanuel Macron applique son programme. Il avait indiqué pendant sa campagne qu’il voulait « maintenir l’effort financier de l’État » et c’est globalement le cas. Il avait placé l’Éducation artistique et culturelle (EAC) en tête de ses priorités : les moyens de l’EAC augmentent de 34 millions. Il avait annoncé un « pass culture », un élargissement des horaires des bibliothèques, un Erasmus de la culture, autant d’initiatives qui seront étudiées en 2018 pour une mise en œuvre dans la foulée.

Les Français, pour l’instant, lui sont gré de respecter ses promesses et d’être pragmatique. Mais le milieu culturel aura-t-il toujours les yeux de Chimène pour ce jeune président si cultivé ? Le ministère de la Culture et ses opérateurs vont perdre 150 postes en 2018. Il est d’ores et déjà annoncé que le budget de la culture augmentera peu dans les deux prochaines années. Aussi, pour dégager des marges de manœuvres il va falloir élaguer, ce qu’il a commencé à faire dans l’audiovisuel et la presse. Et c’est un autre engagement de campagne qui risque de faire grincer les dents : « Maintenir l’effort financier de l’État […] en contrepartie d’une exigence d’efficacité. » L’efficacité dans la culture ? Hum ! Hum !

Le succès ou l’échec du nouveau quinquennat culturel va dépendre pour beaucoup de Françoise Nyssen, de sa capacité à incarner la fonction et monter au front sur tous les dossiers – et ils sont nombreux à en juger par la lettre de mission de six pages que lui a adressée le Premier ministre. Pour l’instant la ministre bénéficie d’un préjugé favorable, car la presse voit en elle une des leurs. À suivre.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°486 du 6 octobre 2017, avec le titre suivant : Un premier budget souvent déterminant

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