Samedi 15 décembre 2018

Pragmatisme chinois

Par Philippe Régnier · Le Journal des Arts

Le 4 octobre 2007 - 314 mots

Peu de territoires attisent en ce moment autant l’appétit que la Chine. Un engouement qui n’est pas récent, mais qui prend aujourd’hui une nouvelle tournure. Cet intérêt a débuté il y a quelques années avec un regard tourné vers l’art en train de se faire à Pékin, Shanghaï ou… Alfortville (Val-de-Marne), puisque toute une communauté chinoise – du regretté Chen Zhen à Yan Pei-Ming, Huang Yong Ping ou Wang Du – a quitté son pays dans les années 1990 pour s’installer à l’étranger, et notamment en France. L’attention portée à la Chine a culminé en 1999 avec une Biennale de Venise orchestrée par Harald Szeemann et largement consacrée à la création de l’empire du Milieu. Assez curieusement, ces artistes ont surtout intéressé les collectionneurs occidentaux ; certains, à l’exemple du couple belge Myriam et Guy Ullens, ouvrent aujourd’hui leur collection au public, ce à Pékin. Ce point est loin d’être secondaire puisque, au-delà des notions de goût, de culture et d’éducation, se pose la question du regard que portent les Chinois sur leur propre art contemporain. La nouvelle foire ShContemporary, organisée à Shanghaï du 6 au 9 septembre, a pu en faire l’expérience puisque l’acheteur local s’est fait rare. Finalement, le succès de la manifestation doit beaucoup aux Occidentaux, mais aussi à une clientèle régionale au sens large, des indiens au Japonais, en passant par les Coréens. Pour attirer les quatre cent mille millionnaires chinois, la Shanghaï Fine Jewellery and Art Fair (SFJAF), organisée pour la première fois du 13 au 21 octobre, joue quant à elle la carte du luxe, peut-être davantage porteuse.
Pragmatiques, les Chinois sont tout disposés à accueillir les Occidentaux pour renforcer leur puissance commerciale. Mais quand il s’agit d’offres culturelles, celles-ci sont accueillies avec plus de réserve, et c’est un euphémisme. Le Centre Pompidou en fait aujourd’hui les frais avec son antenne à Shanghaï qui risque bien de ne jamais sortir des cartons.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°265 du 21 septembre 2007, avec le titre suivant : Pragmatisme chinois

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