Nouvelles de Russie

Par Philippe Régnier · Le Journal des Arts

Le 9 novembre 2007

Quelles sont les relations entre les musées et les médias ? À cette question à la fois simple et complexe, un symposium organisé par le Musée de l’Ermitage de Saint-Pétersbourg a tenté, les 24 et 25 octobre, de donner des éléments de réponse. Y étaient conviés à la fois des directeurs de musées, des directeurs de marketing et de communication, mais aussi des représentants de la presse, dont votre serviteur. D’emblée s’est dessiné un fossé entre la réalité russe et les pratiques occidentales, symbolisé par deux points de vue antagonistes. Sir Norman Rosenthal, responsable des expositions à la Royal Academy of Arts, à Londres, estimait que « ce sont les musées qui ont besoin des médias ». Prenant son contre-pied, George Vilinbakhov, directeur adjoint du Musée de l’Ermitage, déclarait plein d’assurance que « ce sont surtout les médias qui ont besoin des musées ». Tous deux se retrouvaient cependant pour stigmatiser la propension qu’ont les journalistes à monter en épingle les problèmes des musées, que ce soient pour les vols ou la question des faux. L’actualité rattrapait même les intervenants avec la publication dans The Guardian d’un article doutant de la possibilité pour la Grande-Bretagne de garantir l’insaisissabilité aux chefs-d’œuvre russes qui doivent être présentés à Londres en janvier 2008. « Dans ce cas, nous ne prêterons pas », ont déclaré conjointement Mikhail Piotrovsky, directeur du Musée de l’Ermitage, et Mikhail Shvydkoy, chef de l’agence fédérale pour la Culture russe et la Cinématographie, qui s’est déjà illustré dans l’affaire « Sots Art ».
En matière de presse, « nous sommes passés en Russie d’une censure politique à un contrôle par le business. On peut se demander ce qui est préférable ? », s’interrogeait un journaliste moscovite dans la salle. Alexandra Peers, du Wall Street Journal, évoquait en réponse cet homme de radio américain licencié après une critique négative sur le Museum of Modern Art de New York. Elle rappelait avec justesse qu’il est indispensable d’être vigilant quant à ce que l’on lit et écrit, surtout sur un sujet aussi sérieux que les musées.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°268 du 2 novembre 2007, avec le titre suivant : Nouvelles de Russie

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