Dimanche 15 septembre 2019

Mondialisation (encore)

Par Jean-Christophe Castelain · Le Journal des Arts

Le 25 février 2014 - 306 mots

Tefaf, seule en tête qui abandonne ses projets chinois, et la Fiac, à la traîne d’Art Basel et de Frieze, qui ouvre une antenne à Los Angeles. Ces deux épisodes récents du marché de l’art symbolisent assez bien les bouleversements géo-économiques de la planète depuis une vingtaine d’années. L’émergence de la Chine comme nouvelle puissance mondiale trouve l’une de ses meilleures expressions dans le premier rang, selon Artprice, de la place chinoise avec 34 % du marché en 2013. On retiendra avec les mésaventures de Tefaf la quasi-impossibilité de pénétrer cette économie capitaliste en passe de dépasser celle des États-Unis, étroitement contrôlée par le parti communiste. La bonne santé de Tefaf est par ailleurs l’arbre qui cache la forêt du commerce de l’art ancien. Le changement du goût des collectionneurs, conjugué à la raréfaction de la marchandise et l’empire grandissant des maisons de ventes ont entraîné une diminution importante du nombre d’antiquaires et donc de salons qui leur sont dédiés. Tout autre est la situation de l’art contemporain. Portée par l’appétence des nouveaux riches pour la création actuelle et la croissance par définition sans limite de l’offre, la santé insolente du segment supérieur de ce marché suscite un nombre grandissant de foires avec pour certaines des stratégies internationales. Plus inattendu, l’examen des effets de la mondialisation sur ces deux marchés remet en cause l’opinion courante selon laquelle celle-ci serait un facteur d’uniformisation. Il n’en est rien. En art ancien, Tefaf traditionnellement ancrée dans les tableaux et objets européens s’est progressivement et continûment ouverte à l’archéologie, puis aux arts premiers et asiatiques… Le phénomène est encore plus marqué en art contemporain où la multiplication des salons et des échanges favorise la reconnaissance internationale d’artistes issus de leur scène nationale, comme en témoignent les créateurs chinois, indiens ou sud-américains. Le marché est bien un miroir de notre époque.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°408 du 28 février 2014, avec le titre suivant : Mondialisation (encore)

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