Vendredi 13 décembre 2019

Éditorial

Le lent démarrage des ventes en ligne

Par Jean-Christophe Castelain · Le Journal des Arts

Le 17 janvier 2012 - 368 mots

Internet peut-il être un nouveau moteur de croissance pour le marché de l’art ? Les professionnels aimeraient bien y croire quand ils constatent l’envolée du « e-commerce » en général.

En France, celui-ci progresse à un rythme de 20 % à 25 % par an pour atteindre en 2011, selon la Fevad [la Fédération de l’e-commerce et de la vente à distance], un chiffre d’affaires (CA) total de 37 milliards d’euros. Pourtant, si le Web en tant qu’outil de communication est largement utilisé par les professionnels, les transactions restent encore faibles. Christie’s Monde indiquait récemment que ses ventes « on-line » étaient inférieures à 2 % de son CA total. Et encore, il s’agit essentiellement d’enchères portées au cours de ventes en salle, suivant le même principe que les enchères par téléphone. En France, Drouot annonce un CA encore plus faible, moins de 0,4 %, sans distinguer les enchères « Web/téléphone » (appelons-les ainsi) et les ventes effectuées exclusivement sur le Web.

Artprice ouvre cette semaine son nouveau service de ventes « on-line ». Juridiquement (c’est là l’objet du litige avec le Conseil des ventes volontaires), Artprice n’est pas une maison de ventes mais un opérateur de courtage aux enchères à la manière du site américain eBay. Aujourd’hui, on trouve surtout sur ces deux sites des multiples, estampes, photos, orfèvrerie ; très peu d’originaux. Il est bien difficile d’évaluer une œuvre sur Internet, aussi les acheteurs préfèrent-ils acheter les objets « manufacturés » que sont les multiples. Le marché va-t-il s’ouvrir aux originaux ? Oui sans doute, mais cela va prendre du temps. Quelques start-up vendent des œuvres contemporaines, mais il s’agit surtout de tableaux décoratifs de faible prix, avec un enjeu limité. Il existe, enfin, une autre catégorie de sites que l’on peut qualifier de « sites de rencontres » : de grandes galeries mettent en vente sur le Web des œuvres plus ou moins inédites via un opérateur qui joue sur son image (VIP Art fair, art.sy). Là aussi le succès n’est pas au rendez-vous. S’il n’existe pas encore de recette magique, les marchands peuvent se consoler en considérant toutes ces initiatives qui familiarisent le grand public avec l’achat d’une œuvre, comme un investissement pour l’avenir.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°361 du 20 janvier 2012, avec le titre suivant : Le lent démarrage des ventes en ligne

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