Dimanche 21 octobre 2018

Le bel été des fondations

Par Philippe Régnier · Le Journal des Arts

Le 8 juillet 2004 - 323 mots

L’été nous réserve chaque année un feu d’artifice d’expositions, un festival qui pousse chaque institution à se surpasser pour faire événement. 2004 ne déroge pas à la tradition en proposant son lot de manifestations incontournables, du nord au sud et d’est en ouest. L’une d’elles, organisée par la Fondation Maeght à Saint-Paul de Vence, est remarquable à plus d’un titre. « De l’écriture à la peinture », qui revient sur la passion pour le livre, l’art, l’édition et la bibliophilie qu’ont nourrie leur vie durant Aimé et Marguerite Maeght, célèbre les 40 ans d’une fondation aujourd’hui encore exemplaire : par son programme d’abord, par le modèle ensuite qu’elle ne cesse de constituer pour l’engagement privé dans le domaine de l’art et de la culture. Pendant longtemps, ce merveilleux havre de paix construit entre les pins qui a vu défiler tant de maîtres du XXe siècle et leurs chefs-d’œuvre a été, pour ainsi dire, la seule fondation privée en France consacrée à la création de notre temps. Son mérite est d’autant plus grand dans un pays qui, à la différence des États-Unis ou de la Suisse, a toujours regardé avec une certaine suspicion ce type d’initiative privée. Les choses semblent heureusement changer et le paysage des fondations commence peu à peu à se peupler. En attendant le vaisseau amiral de la Fondation Pinault pour l’art contemporain qui viendra s’amarrer sur l’île Seguin à Boulogne-Billancourt en 2007, la Fondation pour l’art contemporain Claudine et Jean-Marc Salomon, à Alex (Haute-Savoie), poursuit cet été, avec une exposition consacrée à Jacques Monory, sa programmation exigeante débutée en 2001. À Paris, près de la Bastille, la Maison rouge, la Fondation Antoine de Galbert inaugurée en juin, souhaite mettre en avant la singularité qui guide les collectionneurs. Elle entend ainsi s’aventurer sur des sentiers non rabattus par l’institution. D’heureuses initiatives dont on espère qu’elles pourront susciter d’autres vocations pour qu’il y ait encore beaucoup de bel été des fondations !

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°197 du 8 juillet 2004, avec le titre suivant : Le bel été des fondations

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