La campagne est lancée

Par Philippe Régnier · Le Journal des Arts

Le 3 février 2006

À un peu plus d’un an de la prochaine élection présidentielle de 2007, de nombreux signes montrent que la culture ne sera peut-être pas totalement absente du débat politique, au contraire des dernières campagnes de 1995 et de 2002. Si la gauche reste pour l’instant muette, deux des possibles candidats à droite, le Premier ministre, Dominique de Villepin, et le ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy, semblent avancer leurs pions. Déjà, en octobre, le second avait immédiatement répondu au premier quand ce dernier, dans son discours prononcé à la FIAC, avait proposé la création d’un « Centre européen de la création contemporaine » sur l’île Seguin, à Boulogne-Billancourt, soit sur les terres du président du conseil général des Hauts-de-Seine. Lors de cette même allocution, le Premier ministre avait annoncé l’organisation au Grand Palais, à Paris, d’une grande exposition consacrée aux artistes français. L’événement est aujourd’hui dans une phase active de préparation – la liste des artistes devrait être connue dans les jours qui viennent. L’inauguration de la manifestation début mai devrait, à n’en pas douter, montrer un Dominique de Villepin proche des artistes, comme le fut en son temps Georges Pompidou. Le parallèle ne s’arrête pas là, puisque, s’il existe évidemment une filiation entre l’exposition de 2006 et celle qui fut déjà organisée au Grand Palais en 1972, le Premier ministre, poète à ses heures, évoque un Pompidou auteur d’une Anthologie de la poésie française (1961).
Plus prosaïque, Nicolas Sarkozy a lancé un pavé dans la mare, le 24 janvier, lors de la convention UMP/Culture, en estimant qu’il fallait « donner au ministère de la Culture de plus grandes capacités de réflexion et d’impulsion stratégiques ». Il a appelé au regroupement de la culture, de la communication et l’éducation nationale sous l’égide d’un seul ministère, avant de dévoiler un véritable programme culturel. « Mettre en place une éducation artistique à l’école, restructurer et dynamiser le réseau des centres culturels à l’étranger, rétablir Paris comme capitale des arts, clarifier le mode d’attribution des aides, réorienter la politique culturelle vers le public et vers les artistes, qui peut dire que c’est politiquement impossible ? » a-t-il déclaré. Bref, pour la culture aussi, la campagne est lancée.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°230 du 3 février 2006, avec le titre suivant : La campagne est lancée

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